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Lichen ochrolechia pallescens

Inventaire des lichens sur le Golf de Vidauban

Dans le cadre du partenariat avec le MNHN, la Fondation d’Entreprise du Golf de Vidauban pour l’Environnement a initié la réalisation d’un inventaire global des différentes espèces de lichens présentes sur le golf et en bordure de celui-ci. Explications.

 

Débuté à l’été 2017, l’inventaire des lichens du Golf de Vidauban ne devrait se terminer qu’en 2021. Son but ? Recenser le plus grand nombre d’espèces de lichens présentes sur le parcours de golf et en bordure de celui-ci.
Sur son territoire métropolitain, la France abrite actuellement près de 3300 espèces de lichens, mais les données sur leur répartition sont rares. Si l’on se concentre maintenant sur le département du Var, 1134 espèces y ont pour l’instant été recensées ; c’est un département qui est donc déjà riche de nombreuses espèces, mais ce chiffre pourrait bien augmenter grâce à l’inventaire en cours.

On ne parle jamais ou que très rarement des lichens au regard des problématiques environnementales et de biodiversité, mais la constitution particulière de ces organismes et leur « sensibilité »  en font un objet d’étude particulièrement intéressant.
En effet, pour citer la Note préliminaire sur l’inventaire des lichens du Golf de Vidauban établie par le Muséum national d’Histoire naturelle, « Les lichens sont des organismes symbiotiques constitués de l’association d’une ou plusieurs espèces hétérophobes : des champignons (ascomycètes et/ou basidiomycètes), et d’une ou plusieurs espèces autotrophes photosynthétiques (algues et/ou cyanobactéries). » Généralement, l’algue/cyanobactérie trouve refuge et protection dans le champignon pour pouvoir s’y développer quand celui-ci utilise les « sucres produits par les algues/cyanobactéries pour croître » également.

Parallèlement à cela, les lichens sont parfaitement adaptés à des milieux extrêmes mais « sensibles aux variations des conditions environnementales […] ». Leur étude « revêt donc un intérêt notable pour l’évaluation de la qualité environnementale des milieux et de l’air ». Il y a bien ainsi un enjeu fort derrière l’étude de ces témoins du temps.

 

Pour réaliser cet inventaire, sans précédent sur le parcours de golf de Vidauban, une méthodologie précise a été mise en place concernant la localisation (GPS) et les prélèvements des lichens en vue d’identification ultérieures en laboratoire. Pour l’instant, 16 stations de collecte des échantillons ont été mises en place et 90 enveloppes ont été scellées,  contenant chacune un ou plusieurs échantillons de lichen.

L’identification de ces échantillons est en cours : la première constatation est que « la grande majorité de ces milieux constitue des habitats en bon état de conservation qui sont propices à la présence d’une diversité lichénique élevée ». Il est à noter que les milieux rocheux et boisés semblent pour l’instant abriter de nombreuses espèces.
Dans cette « Note » préliminaire, il a été mentionné que « La protection contre les perturbations anthropiques (parcours piéton ou motorisé) et contre les perturbations liées à la grande faune (ongulés notamment) assurées par la clôture qui délimite le golf, assure un état de conservation remarquable des communautés de lichens. » Cet aspect très positif de l’impact de la stratégie de la Fondation sur la gestion soutenable du Golf est renforcé par l’observation de conclusion que « dans l’ensemble les habitats prospectés sont en très bon état de conservation ».


Pour l’instant, la note préliminaire conclue que ce premier passage d’étude sur le site laisse « augurer des résultats intéressants et une diversité lichénologique élevée dans les milieux naturels et semi-naturels du site. ». Il s’agit là d’une  conclusion préliminaire (les identifications en laboratoire se poursuivant) de la 1ère année d’un inventaire qui s’étalera sur 5 ans ; nous sommes donc au tout début de ce chantier.
Cet été, les prospections reprendront dans d’autres zones du site afin de pouvoir élargir le 1er panel de lichens déjà prélevés. Nous n’en sommes donc qu’au début, mais l’intérêt écologique de la zone semble prometteur !