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Berger Christophe Oliveiro et, son troupeau de 280 brebis et ses 4 chiens
Copyright © Catherine FOURNIL

Un berger au Bois de Bouis

Voici déjà venir le mois d’avril, et tandis que partout s’agitent étamines et pistils, nous, timides et tranquilles, nous nous découvrons doucement de nos fils.
Végétaux et animaux, tout le monde s’affole ! Dans l’effervescence de cette renaissance tant attendue et pour la première fois en Bois de Bouis, la saison de sylvo-pastoralisme dont nous avions précédemment parlé va enfin débuter (voir article).
Rencontre avec notre berger, ses 280 brebis et ses 4 chiens.

Il s’appelle Christophe Oliveiro et vient de fêter ses 30 ans. Il est né à Digne au grand air des Alpes de Haute Provence, de parents boulangers installés à la Foux d’Allos. Il est le premier berger de sa famille, métier qu’il a choisi dès l’âge de 5 ans lorsqu’il voyait les bergers venus pâturer à la Foux, passer dans la boulangerie de ses parents. On peut dire que devenir berger dans une famille où aucun des 4 frères et sœur n’exercent de métiers agricoles, et où la maman passe plusieurs années à essayer de vous dissuader d’exercer ce métier, c’est une vocation innée !
De ses années d’école primaire et de collège Christophe garde le souvenir d’un ennui profond, mais son rêve d’enfant commence à prendre forme au lycée agricole de Carmejane à Digne où il obtient avec succès son BEPA (Brevet d’Etudes Professionnelles Agricoles), puis un BAC Pro – Conduite et gestion d’entreprise agricole. Son BAC en poche, il s’essaie à divers métiers, mais sans conviction. Puis, il loue ses services à des éleveurs et choisi rapidement de devenir un berger autonome pour vivre au plus près de la nature en compagnie des animaux et savourer enfin « sa liberté ». Désormais, pour l’aider dans sa tâche, il peut compter sur 4 collaborateurs indispensables : Happy et Nala qui sont des chiens de conduite, et Joy et Togo chiens de protection du troupeau.

Avant de rejoindre Vidauban, Christophe et son troupeau ont passés l’hiver à Aups (Village du Haut Var sur la route des gorges du Verdon). Cette année le troupeau est composé uniquement de femelles, 280 brebis, et comprend 190 adultes pour 90 jeunes nées à l’automne dernier (aux alentours de septembre).
Les adultes pèsent en moyenne entre 55 et 60 kg. Elles sont toutes doublement étiquetées avec des « boucles d’oreille » indispensables aux éventuels contrôles des services agricoles. La première étiquette est un indicateur électronique de marquage qui porte le numéro de la bête et le n° d’exploitation (l’éleveur). La seconde porte les mêmes indications sous forme graphique.
Dans les milieux naturels, les troupeaux de brebis (bélier et agneaux) et de chèvres (bouc et chevreaux) n’ont que deux prédateurs : les chiens des promeneurs et le loup en montagne (Christophe précise qu’il n’a pas encore croisé le chemin de ce dernier) et fort heureusement il n’y pas de loup dans la Plaine des Maures.

Le parcours sur lequel vont paitre les brebis cette année, s’étend sur une surface de 194 ha au cœur du Bois de Bouis.
Christophe a prévu de passer le mois d’avril sur le site, au rythme du troupeau :

  • À 6h30 : vérifications sanitaires du troupeau et soins si nécessaire. Il faut vérifier les cailloux dans les sabots, les plaies causées par des pierres ou des bouts de fer (ou de verre) sur les chemins, ou tout autre petit bobo….
  • De 7h30-8h00 à 13h-13h30 : première partie de la journée de pâturage pour les bêtes
  • De 13h30 à 15h00 : sieste à cause des fortes chaleurs pour les bêtes et le berger !!!
  • De 15h00 à 20h30-21h : deuxième partie de la journée de pâturage
  • La nuit : le berger et son troupeau dorment en plein air.

 

A n’en pas douter les journées seront bien remplies pour notre berger et ses compagnons.