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Domaine oléiole des Portètes
Domaine oléiole des Portètes (Photographie © Catherine Fournil)

Domaine Oléiole des Portètes – Partie 1

Interview du propriétaire du domaine, Ivan : l’olivier

Je suis devenu oléiculteur « par hasard et par nécessité ». Par hasard, car j’ai été plutôt éduqué à cultiver des vergers de pommiers et de poiriers en Normandie, puis par nécessité, en devenant copropriétaire, avec ma mère et mon frère, d’un domaine agricole et forestier à La Garde Freinet. Reprendre, régénérer et développer l’olivaie de la propriété était pour nous une évidence. L’origine gréco-romaine de l’activité oléicole des Portètes, est attestée par le nom des collines l’entourant, «l’Aigre», et les nombreux restes archéologiques de lampes à huile trouvés sur le site. Autrefois, l’habitat était entouré d’oliviers pour se protéger des feux de forêts et, surtout, pour l’éclairage ! La lampe à huile d’olive fut en effet l’éclairage principal jusqu’au XXe siècle ! L’usage initial de l’huile d’olive, était, de fournir de la lumière…

 

Lampes à huile (extrait de L’OLIVIER de Jean Pagnol, édition Aubanel, 1975, page 118)

Quand j’étais enfant ma grand-mère maternelle organisait des goûters d’enfants dans son appartement parisien : sur le buffet, il y avait des lampes à huile !!! Dans des verres à whisky, elle mettait de l’eau pour faire transparent, ou du sirop de grenadine pour faire rouge, ou du sirop de menthe pour faire vert, puis elle ajoutait quatre cuillères à soupe d’huile Lessieur (arachide ou tournesol) qui flottaient au-dessus (l’huile est plus légère que l’eau) puis, avec un peu d’étoupe, elle confectionnait des mèches qu’elle déposait sur l’huile au centre du verre et enfin elle les allumait… Grâce au liquide l’huile pouvait se consumer sans dégager de chaleur et sans risque d’incendie…

 

Arbre mythique, l’olivier est sujet à de nombreux préjugés

Il n’y a pas d’olivier sauvage en Provence : tous les oliviers sont venus par bateaux avec la colonisation des comptoirs phocéens (Marseille, Fréjus, entre autres). Il existe une très grande quantité de variétés inconnues, car la tradition oléicole s’est éteinte dans les années 60, après que les oliviers varois furent décimés par le gel de février 1956. Voici quelques variétés anciennes : Curnier, Ribier, Pardiguière, L’avantage de ces variétés anciennes réside dans leur parfaite adaptation au terrain, leur résistance à la mouche de l’olivier et leur grande résistance à la sécheresse. Leur inconvénient majeur est la petite taille de leurs olives qui complique la cueillette et donne une très faible productivité (10 kg/12 kg pour faire un litre d’huile).

On dit souvent que l’olivier est l’arbre de la paix, sans doute, car c’est avec un brin d’olivier dans le bec que la colombe apporta sur l’Arche de Noé l’annonce de la terre proche. Mais il semble aussi que l’olivier soit un symbole de chemin de croix : le Christ portant la croix à travers le Mont des Oliviers.

On dit souvent que l’olivier ne supporte pas le froid : c’est faux. Il supporte le gel jusqu’à moins 7 degrés voire même moins, sans aucune difficulté.
La neige est aussi excellente pour la nature : désinfectant, insecticide, engrais et parfaite pour l’hydratation du sol.

On dit souvent que l’olivier est un arbre quasi éternel…c’est presque vrai, tel le phœnix, il se recèpe pratiquement automatiquement après un incendie ou un gel. Il est facile de le reproduire par bouturage : on prend un morceau de branche de 10 cm de long et de 3 cm d’épaisseur que l’on couche en long dans un pot de terre sur un lit de gravier recouvert de terreau… On arrose… Et, parfois cela pousse…
En revanche, l’implantation des jeunes pousses d’olivier est assez difficile. Le jeune olivier est très vulnérable pendant les trois premières années tant d’un point de vue phytosanitaire que d’un point de vue hydraulique. Il a besoin de 20 litres d’eau par mois mais en un seul arrosage mensuel : en effet,le goutte à goutte est impossible car il fait pourrir ses jeunes racines.

 

Il lui faut de l’eau et une restriction hydrique simultanément;ni trop de pluie, ni trop de sécheresse, difficile à gérer pendant les trois premières années !

 

Définitions (dictionnaire français du Littré)

Aigre /Aiger en Grec /Aigue : l’Eau
Aigue : ancien nom de l’eau encore utilisé dans certaines provinces

Olivaie : Lieu planté d’oliviers (Oliverie : établissement où l’on fabrique l’huile)