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Frelon asiatique
Frelon asiatique (Photographie © Danel Solabarrieta, Creative Commons, no changes)

Espèce exotique envahissante : le Frelon asiatique

Une espèce exotique envahissante (EEE), dite invasive, est actuellement définie comme « […] une espèce allochtone dont l’introduction par l’Homme (volontaire ou fortuite), l’implantation et la propagation menacent les écosystèmes, les habitats ou les espèces indigènes avec des conséquences écologiques, économiques ou sanitaires négatives » (UICN 2000, McNeely et al. 2001, McNeely 2001).

En effet, les dommages des espèces exotiques envahissantes sur l’environnement qu’elles conquièrent sont ravageurs et facteur de perte de biodiversité. Des dispositifs de lutte contre ces dommages à la biodiversité ont été mis en place tant au niveau européen qu’au niveau national ; en France, c’est le domaine d’action de la Stratégie Nationale pour la Biodiversité (SNB) qui a notamment pour objectif d’activer des plans de lutte nationaux. Ces dispositifs reposent sur des institutions expertes et reconnues comme le Muséum national d’Histoire naturelle, et également sur des réseaux de surveillance institutionnalisés ou faisant partie de programmes de science participative.
Si vous désirez avoir plus d’informations sur les EEE, nous vous invitons à vous rendre sur la page de l’INPN qui leur est consacrée (http://inpn.mnhn.fr/programme/especes-exotiques-envahissantes).

 

Le Frelon asiatique

« Le Frelon à pattes jaunes, Vespa velutina, est un frelon invasif d’origine asiatique dont la présence en France a été signalée pour la première fois dans le Lot-et-Garonne […]. Les individus acclimatés en France appartiennent à la variété nigrithorax, dont la coloration est à dominante brune. Ils sont issus de femelles fondatrices qui auraient été introduites avec des poteries importées de Chine par un horticulteur du Lot-et-Garonne. Ce dernier avait en effet remarqué la présence du frelon autour de sa propriété dès 2004. L’insecte s’est depuis largement répandu ; il a envahi plus de la moitié de la France et a atteint d’autres pays (Espagne, Portugal, Belgique, Italie, Allemagne) » (source INPN). Si l’on en croit les observations de terrain, il ne reste plus que les régions du nord et de l’est de la France qui ne sont pas encore colonisées, mais les prévisions des spécialistes sont plutôt pessimistes dès lors que le front d’invasion continue de progresser de 100 km par an.

Ce qu’il faut savoir c’est que le Frelon à pattes jaunes, dit asiatique, constitue une réelle menace pour l’apiculture. En effet, ces frelons ci, contrairement à nos frelons communs (Frelon européen), se positionnent en groupe devant les ruches d’abeilles pour les attaquer car ils raffolent de nos abeilles domestiques. Quand elles ne sont pas tuées, les abeilles ne sortent alors plus de la ruche et produisent beaucoup moins de miel. De ce que nous savons actuellement, le Frelon asiatique constitue un facteur supplémentaire d’affaiblissement pour les abeilles, au même titre que les pesticides. Mais l’espèce se répand si vite (elle n’a pas de véritable prédateur et de plus un nid mature produit en moyenne 6000 individus au cours d’une saison, les plus grosses colonies pouvant aller jusqu’à 15000) qu’elle pourrait finir par décimer un grand nombre de ruches françaises.

Malheureusement il est presque impossible de s’en débarrasser à très grande échelle. Actuellement, les pièges mis en place dans le but de tuer les reines du Frelon asiatique tuent 99% d’autres insectes et seulement 1% de frelons. Des appâts sélectifs seraient à l’étude, mais il faudra du temps pour les mettre au point. En attendant, certains apiculteurs (comme au Pays basque) semblent déjà avoir trouvé une parade assez efficace : placer des poulaillers à côté des ruches, car les poulets apprécient fortement les protéines contenues dans le thorax des Frelons asiatiques et les chassent donc avec plaisir ! Cela aurait déjà permis d’empêcher le développement de nids aux alentours des ruches. Félicitation messieurs les apiculteurs !

 

Sources : Site web de l’INPN et article de France 3 Côte d’Azur du 30/07/2015.