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Exploitation apicole (Photographie © Catherine Fournil)

Apiculture dans le massif des Maures : interview de l’apiculteur Gérard Jeanmougin

Parler d’apiculture c’est parler de l’étonnante collaboration entre l’homme et les abeilles, ces petites créatures virevoltantes, véritables sentinelles de notre environnement douées d’un fonctionnement si particulier. Il existe un très grand nombre d’espèces et de sous-espèces d’abeilles, mais pour les apiculteurs, les plus importantes sont celles dites « à miel », celles choisies pour produire le miel récolté dans les ruches qu’ils exploitent. Prenons donc un peu de hauteur et rendons-nous dans le massif des Maures pour rencontrer l’apiculteur Gérard Jeanmougin.

M. Jeanmougin s’est volontiers prêté à l’exercice de l’interview afin de nous parler d’apiculture. Avec lui, nous allons nous concentrer sur le métier d’apiculteur et sur ses caractéristiques au cœur du Massif des Maures. Si vous êtes plutôt intéressé par l’Abeille domestique (Apis mellifera), je vous recommande de suivre la petite tortue de notre site pour consulter les deux fiches qui lui sont consacrées (lien à venir).

Cadres de ruche (Photographie © Catherine Fournil)
Cadres de la ruche (Photographie © Catherine Fournil)

L’apiculture est une activité agricole. Elle est orientée sur l’élevage des abeilles à miel et l’exploitation de leur production dans la ruche, principalement le miel et la cire. La majorité des ruches « modernes » ressemblent à de petites maisons de bois abritant des plaques de cire d’abeille gaufrée tendues sur des cadres, que les abeilles adoptent spontanément. Elles construisent ensuite elles-mêmes de part et d’autres des plaques avec la cire qu’elles fabriquent, les alvéoles hexagonales (servant à protéger le couvain et le miel/pollen), formant ainsi les rayons de la ruche. Une abeille collecte le pollen et le nectar des fleurs, nectar qui servira à faire le miel. En moyenne, 0,0025 mg de nectar est récolté par chaque abeille à chaque vol entre la fleur et la ruche, ce qui fait qu’elle devrait parcourir 40 000 km pour faire 1 kg de miel. Il est important de noter que le rendement des abeilles est par ailleurs totalement dépendant de l’équilibre des saisons, de l’ensoleillement et de la floraison des plantes mellifères.

En fin de floraison, quand les alvéoles sont remplies de miel et que les abeilles en ont bouché l’accès par un opercule de cire, la récolte peut commencer. Habillé d’une combinaison de protection, l’apiculteur ouvre les ruches, enfume les abeilles pour les désorienter et les repousser hors de la ruche, déloge sans heurt les dernières ouvrières présentes entre les rayons et récupère ainsi les cadres. L’opération de récupération du miel par désoperculation des rayons se fait à la miellerie où a aussi lieu le conditionnement du miel en pots.

Les colonies d’abeilles des ruches de M. Jeanmougin sont des Buckfast®, abeille hybride née du croisement entre les sous-espèces Apis mellifera mellifera (Abeille noire), très présente en France, et Apis mellifera ligustica. Cet hybride récent, créé à l’abbaye Buckfast (Royaume-Uni) par le frère Adam, a pour notre apiculteur les avantages d’être une bonne butineuse, peu agressive, et de faire des grandes colonies, hiver comme été. Mais il faut donc la nourrir plus souvent, « elle est plus cigale que fourmis ».
De l’expérience de M. Jeanmougin, il faut pour un ménage (1 couple d’apiculteurs) entre 300 et 400 ruches pour assurer une activité professionnelle stable et rentable. Précisons enfin que sur une telle exploitation les ruches sont dispersées, parfois sur un vaste territoire, et disposées au cœur des zones les plus fleuries.