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logo COP21 (Illustration © www.cop21.gouv.fr)

Fin de la COP21 : Un accord historique

Après de nombreuses rencontres avec les différents gouvernements de pays du monde entier et au terme de 13 jours de négociations, Laurent Fabius, président de la COP21 a présenté l’accord international sur le climat adopté par les 195 états participants.
Ce texte de 30 pages tant attendu, va-t-il permettre de changer les choses ?


Laurent Fabius le présente comme « un accord différencié, juste, durable, dynamique équilibré et juridiquement contraignant ». Cependant, de nombreux acteurs, comme certaines Organisations Non Gouvernementales, ne partagent pas cet enthousiasme. L’idée qui ressort est qu’il s’agit effectivement d’un accord diplomatique sans précédent, (195 états signataires !) mais que dans les faits, les résolutions prises à Paris seront bien difficiles à appliquer et à faire appliquer.

Un accord oscillant entre audace, flou et accommodements
L’expression, de la volonté des petits pays insulaires (les plus touchés par la montée du niveau des océans), a fait évoluer l’enjeu principal de l’accord – conserver l’augmentation générale des températures sous les 2°C jusqu’en 2100 – vers un enjeu plus audacieux encore, « poursuivre les efforts pour limiter la hausse des températures à 1,5°C par rapport aux niveaux préindustriels ». Cependant, malgré les intentions louables des pays signataires, l’application de cet objectif est totalement irréaliste en l’état actuel.

Par ailleurs, pour ce qui est des restrictions d’émissions de gaz à effet de serre, l’objectif de réduction de 40 à 70% d’ici 2050 (voir notre précédent article) a été purement supprimé, car jugé trop contraignant, pour être remplacé par la volonté de s’astreindre à « un pic des émissions mondiales de gaz à effet de serre dès que possible ». Un objectif qui est donc, non chiffré, non daté, et par conséquent qui reste plutôt flou.

D’autre part, il est important de noter aussi que l’accord signé à Paris le samedi 12 décembre 2015 entrera en vigueur en 2020 seulement, que les promesses de réduction de chaque État signataire sont sujettes à d’éventuelles révisions (à la hausse ? à la baisse ?) tous les 5 ans, et que de plus, dès 2023, 3 ans après l’entrée en vigueur de l’accord, tout pays signataire pourra se retirer par simple notification. Difficile donc de garantir un maintien des engagements signés à Paris sur le long terme.
Point positif, la confirmation d’une aide de 100 milliards de dollars versée par an d’ici 2020 par les pays du Nord à ceux du Sud. Cette aide devrait permettre à ces derniers de faire face aux évènements climatiques catastrophiques, conséquences directes du changement climatique.
Cette somme dite « plancher », pourra augmenter, ce qui est une bonne nouvelle !
Cependant, aucune compensation des pays du Nord n’est prévue pour ceux du Sud en ce qui concerne les « pertes et dommages » futurs, l’accord excluant d’ailleurs toute responsabilité des pays du Nord pour ce type de préjudices.

 

Au final…

L’accord est-il celui tant attendu ? Nous serions tentés de répondre oui puisqu’il a été approuvé et signé par 195 pays. Néanmoins, certains points importants semblent manquer dans le document, le terme « énergie fossile » n’est cité nul part, et le terme « énergies renouvelables » n’est cité qu’une fois.

La production de certaines énergies est pourtant au cœur du problème. Rappelons que le montant mondial des subventions allouées aux énergies fossiles (selon le rapport du FMI) est de 10 millions de dollars par minute (soit 5300 milliards par an).
En cette période critique concernant notre climat, nous souhaitons vivement que cet accord renforce les efforts déjà consentis et ceux à consentir par tous les pays du monde, pour la sauvegarde de notre planète et de l’humanité.

 

NB : sur la planète, 197 Etats sont actuellement reconnus par l’ONU.

Sources : article web Les Echos (http://www.lesechos.fr/01/06/2015/lesechos.fr/021103285286_les-subventions-aux-energies-fossiles-representent-10-millions-de-dollars-par-minute.htm#xtor=EPR-3-[envoi-ami]), article web Le Monde (http://www.lemonde.fr/cop21/article/2015/12/12/cop21-les-points-cles-du-premier-accord-universel-sur-le-climat_4830606_4527432.html), article web Slate (http://www.slate.fr/story/111771/cop21-bon-debut)