Contenu principal
Ane volant de Gonfaron

La légende de l’âne volant de Gonfaron

Il existe dans le Var un village très typique qui abrite une histoire cocasse devenue légendaire que je ne saurai taire plus longtemps. Prenons le temps de dresser le décor.

Le contexte historique : Gonfaron

Nous voilà donc au XVIIe siècle dans un village de quelques centaines d’âmes, bâti sur les flancs d’une petite colline, et qui se nomme Gonfaron. Au sommet de la colline trône fièrement une vieille chapelle datée de 1634. Elle fut construite sur les ruines d’une ancienne chapelle du VIe siècle détruite pendant les guerres de religion. La première fut élevée en l’honneur de Saint Quinis, évêque de Vaison-la-Romaine mort en 578 ou 579, et la deuxième lui resta dédiée.

Pour leur Saint Patron Quinis, les villageois avaient l’habitude de faire une procession vers la chapelle au mois d’avril (le culte des Saints était encore très ancré dans les campagnes au XVIIe siècle, voir article). Pour que cette procession soit la plus réussie possible, ordre était donné aux villageois de nettoyer devant leur porte pour le passage du cortège. En effet, ce cortège, composé d’une foule immense avec à sa tête la statue de Saint Quinis, empruntait rues et ruelles du village et ne pouvait souffrir d’un itinéraire aventureux ou sale.

Voilà pour le décor, passons maintenant à l’histoire ! On en connait plusieurs versions, mais celle qui suit est la plus répandue.

La légende de l’âne volant

Un jour de l’an 1645, alors que les préparatifs de la procession battaient leur plein, un Gonfaronnais refusa de nettoyer devant sa porte et répliqua aux villageois comme pour se justifier : « Si Saint Quinis trouve le passage trop sale, il n’aura qu’à voler par-dessus ! ». On ignore encore aujourd’hui pourquoi cet homme refusa l’obligation qui lui incombait normalement… Les agents de la municipalité firent donc procéder au nettoyage, et la procession se déroula sans encombre. Pourtant, l’incident est resté dans les mémoires, car l’histoire du réfractaire ne s’arrête pas là.

Quelques temps plus tard, revenant de la campagne sur le dos de son âne, il entreprit de descendre la montagne Carnaute (au nord de Gonfaron) en direction du village. Grand mal lui en prit ! L’âne, peut-être agacé par les taons ou simplement déséquilibré par un faux pas, accéléra soudainement sa course tranquille et sorti du sentier. L’animal aurait alors « volé » au-dessus du ravin en contrebas, jetant au sol son cavalier qui, lui, serait tombé dans le ravin.
Cette mésaventure fut connue très rapidement de tous au village et les habitants moqueurs n’hésitèrent pas à dire au passage du malheureux villageois, enfin sorti de son ravin, « C’est bien fait, Saint Quinis t’a puni, ton âne a volé ! ».
Voici l’histoire telle qu’elle nous est parvenue le plus souvent. Quoiqu’il en soit, elle est bien la source de la légende qui veut que les ânes de Gonfaron volent au-dessus de la chapelle de Saint Quinis aux premiers jours du printemps. Un conseil, regardez bien en l’air si vous passez par là, vous pourriez être surpris !

 

Bibliographie

BAUDOIN (Louis), Histoire Générale de la commune de Gonfaron des origines au XXe siècle, 1976, (n.v.).

Bibliographie numérique

http://transenprovence.over-blog.com/article-34650609.html
http://www.mairie-gonfaron.fr/legende.html
http://www.garriguesetsentiers.org/article-breve-histoire-du-culte-des-saints-101036794.html