Merveilles de la Plaine et du Massif des Maures

La Plaine des Maures

Elle se situe au tout premier plan des plus de 300 réserves naturelles françaises par son étendue, les types différents d’habitats et le nombre d’espèces protégées qu’elle héberge.

La Plaine des Maures est un espace naturel remarquable inséré entre la Provence calcaire et le Massif des Maures orienté est-ouest, et d’environ 20 km de long sur une largeur allant de 1 à 10 km.
Elle a fait l’objet d’un classement en Réserve Naturelle Nationale en 2009.

Le sol de la Plaine des Maures est constitué de roches d’origine volcanique de l’âge permien (295 à 245 millions d’années).
L’originalité et la rareté du site tiennent notamment à la présence de mares et ruisseaux temporaires, rendue possible par le sol siliceux et la faible déclivité de la Plaine.

Cœur de mousse et de sédums sur dalles de grès du Permien

La faune

La faune de la Plaine des Maures présente une multitude d’espèces, parfois hautes en couleurs comme l’empuse, insecte majestueux, très poétiquement décrite par le célèbre entomologiste Jean Henri Fabre dans ses
Mémoires Entomologiques :

L’empuse est cousine de la mante religieuse.
L’empuse adulte est remarquable de forme et de costume, encore plus que la mante religieuse. Des extravagances larvaires, elle garde la mitre pointue, les brassards en scie, le long corsage, les genouillères, la triple rangée de lamelles à la face inférieure du ventre, mais actuellement l’abdomen ne se recourbe plus en crosse, et l’animal possède
tournure plus correcte.
De grandes ailes d’un vert tendre, roses à l’épaule et promptes à l’essor dans l’un comme dans l’autre sexe, font toit au ventre, zoné en dessous de blanc et
de vert.
Le mâle, sexe coquet, s’empanache d’antennes plumeuses semblables à celles de certains papillons crépusculaires
les bombyx.[…]

L’empuse est un insecte prédateur qui chasse à l’affut comme sa cousine, la mante religieuse, se nourrissant d’autres insecte, mouche, criquets,
sauterelle, etc…

On trouve en Plaine des Maures de nombreuses espèces remarquables et rares, dont un bon nombre sont en danger d’extinction. Ces dernières possèdent un statut de protection visant à empêcher leur disparition au niveau local, national
ou européen. En voici une liste non exhaustive :

  • insectes : de nombreuses espèces rares associées au chêne-liège, à la cistaie et aux milieux aquatiques – 10 espèces annexe 2 directive Habitats, 6 espèces prioritaires
  • oiseaux : de nombreuses espèces remarquables – rollier, guêpier, pies-grièches, circaète, hirondelle rousseline, bruant ortolan,.. – 93 espèces à l’annexe de la convention de Berne
  • poissons : 2 espèces prioritaires
  • amphibiens et reptiles : tortue d’Herman et cistude, lézard ocellé, pélobate cultripède… – 9 espèces directive Habitats, 2 espèces prioritaires
  • mammifères : muscardin et 10 espèces de chauves-souris – 11 espèces directive Habitats, 3 espèces prioritaires
Libellule – femelle de Sympétrum à nervures rouges

La flore

Dans les Maures, la nature compose de petits jardins colorés que l’on croirait directement sortis de l’imagination fertile et débordante d’un maître japonais.
À chaque saison, c’est pareil, je me régale des floraisons successives qui s’égrènent au fil du temps, suivant à la note près une partition séculaire. Il y a d’abord la profusion pourpre des anémones. Un régal, un délice même. Un cadeau printanier délivré dès le mois de mars, une aubaine, une chance, un petit bonheur.
Un véritable choc pour le voyageur qui, comme moi, arrive de terres plus septentrionales, où l’hiver n’a pas encore dit son dernier mot.
Puis vient le subtil ballet, sang et or, des orchidées et des tulipes, qu’accompagnent les Iris nains, tantôt à

fleurs jaunes, avec des veinures carmin, tantôt à fleurs violettes.
Une véritable facétie végétale.

Extrait du livre Le petit peuple des Maures
d’Emmanuel Boitier.

De nombreuses orchidées composent la mosaïque d’espèces présentes dans la multitude de milieux (flore de ruisseaux et mares temporaires, flore de pelouse sèche) que compte la Plaine des Maures.
C’est un sanctuaire pour plus de 100 espèces de plantes menacées en région Provence-Alpes-Côte d’Azur, dont 50 sont protégées.
En tout, 24 espèces ont un statut de protection au niveau national, dont une espèce prioritaire (isoète de Durieux).

Les milieux

Les paysages de la Plaine des Maures sont de type, milieux naturels semi ouverts, où le chêne liège, le pin pignon et le pin maritime dominent.

La plaine compte enfin plusieurs habitats protégés (annexe 1 directive Habitats) : ruisseaux et mares temporaires, dalles rocheuses de grès permien, pelouses à hélianthèmes, pelouses sèches méditerranéennes, pinèdes de pins pignons, ripisylve, peuplement dense de chênes lièges (en tout 3 habitats prioritaires).
Plaine des Maures à l'aube
Partons ensemble découvrir tous ces trésors…

Bibliographie – Ouvrages et travaux

Reptiles et amphibiens
ARNOLD (Nicholas), OVENDEN (Denys), Le guide herpéto – 199 amphibiens et reptiles d’Europe, Delachaux et Niestlé, 2e éd., 2002
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DEVAUX (Bernard), La tortue sauvage ou tortue d’Hermann, Sang de la terre, 1999
DUGUET (Rémi)(dir.), MELKI (Frédéric)(dir.), Les Amphibiens de France, Belgique et Luxembourg, Biotope, 2003
FERRI (Vincenzo), Guide des tortues – 190 espèces du monde entier, Delachaux et Niestlé, 2000
KWET (Axel), Guide photographique des reptiles et amphibiens d’Europe, Delachaux et Niestlé, 2005
KWET (Axel), Reptiles et amphibiens d’Europe, Delachaux et Niestlé, 2016

LESCURE (Jean), MASSARY (Jean-Christophe), Atlas des Amphibiens et Reptiles de France, Biotope, 2012
MILLEFANTI (M.), AVANZI (M.), Le grand livre des tortues terrestres et aquatiques, De Vecchi, 2e éd., 2011
NÖLLERT (Andreas et Christel), Guide des ampphibiens d’Europe, Delachaux et Niestlé, 2003
O’SHEA (Mark), HALLIDAY(Tim), Reptiles et amphibiens, Bordas, 2001
PILOTTE (Michelle), Les lézards, Le jour, 1999
PORLIER (Bruno), La Tortue d’Hermann, BT Nature, 1993
THIRION (Jean-Marc), GRILLET (Pierre), GENIEZ (Philippe), Les Amphibiens et les Reptiles du centre-ouest de la France, Biotope, 2002
THIRION (Jean-Marc), EVRARD (Philippe), Guide des Reptiles et Amphibiens de France, Belin, 2012

Insectes
BELLMANN (H.), Guide des abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Delachaux et Niestlé, 1999

BELLMANN (Heiko), Quel est donc ce papillon ?, Nathan
BELLMANN (Heiko), LUQUET (Gérard), Guide des sauterelles, grillons et criquets d’Europe occidentale, Delachaux et Niestlé, 2009
CHINERY (Michael),Insectes de France et d’Europe occidentale, Flammarion
DAJOZ (Roger), Dictionnaire d’entomologie – Anatomie, systématique, biologie, Editions Tec et Doc, 2010
DELPRAT (Catherine)(éd.), Insectes et araignées, Larousse, 2005
DOURLOT (Sonia)(.dir), Petite collection d’insectes de nos régions, Larousse, 2008
FABRE (Jean-Henri), Souvenirs entomologiques : étude sur l’instinct et les mœurs des insectes, Robert Laffont, 2000 (rééd.)
GAY (Jutta), MENKHOFF (Inga), Abeilles, Éditions Place des Victoires, 2014
GOULD (James L.), Les abeilles – comportement, communication et capacités sensorielles, Pour la Science, 1993
IDERL (Dr Wolfgang), Insectes de France et d’Europe, Delachaux et Niestlé, 2014

LE GUELLEC (Gwenole), Insectes de Méditerranée – Insectes et Myriapodes, Nature au Sud, Edisud
MCGAVIN (Georges), Insectes, araignées et autres arthropodes terrestres, Bordas, 2000
MUCH (S.), Insectes comestibles, Plume de carotte, 2012
POUVREAU (André), Les insectes pollinisateurs, Delachaux et Niestlé, 2004


Oiseaux

CABARD (Pierre), CHAUVET (Bernard), L’étymologie des noms d’oiseaux, Belin, 2003
DUBOIS (Philippe J.), OLIOSO (Georges)(dir.), Guide des oiseaux, Sélection du Reader’s Digest, 2003
DUBOIS (Philippe J.), LE MARÉCHAL (Pierre), OLIOSO (Georges), YÉSOU (Pierre), Inventaire des Oiseaux de France, Nathan, 2000
ELPHICK (Johnathan)(dir.), Atlas des oiseaux migrateurs, Bordas, 1996« Fiche projet : Rossignol Philomèle », Cahiers d’Habitat « Oiseaux », MEEDDAT-MNHN

FLITTI (Amine), KABOUCHE (Benjamin), KAYSER (Yves), Olioso (Georges), Atlas des oiseaux nicheurs de Provence-Alpes-Côte d’Azur, Delachaux et Niestlé, 2009
GOODERS (John), Les oiseaux d’Europe, Solar, 1992
GOODERS (John), LESAFFRE (G.), Photoguide des oiseaux d’Europe, Delachaux et Niestlé, 1998
HARRISON (Colin), GREENSMITH (Alan), Oiseaux du monde, Bordas, nv. éd. 2002
HEINZEL (Hermann), FITTER (Richard), PARSLOW (John), Oiseaux d’Europe, d’Afrique du nord et du Moyen-Orient, Delachaux et Niestlé, nv. éd. 1996
HUME (Rob), LESAFFRE (Guilhem), DUQUET (Marc), Oiseaux de France et d’Europe, Larousse, 2003
JIGUET (Frédéric), Le petit Larousse des Oiseaux de France et d’Europe, Larousse, 2016
JONSSON (Lars), Les oiseaux d’Europe, Nathan, 1994
MORIN (Jérôme), GUILLOT (Gérard), NORWOOD (Julien), Le guide des oiseaux de France, Belin, 2013
 

MULLARNEY (Killian), SVENSSON (Lars), ZETTERSTRÖM (Dan), GRANT (Peter J.), Le guide ornitho , Delachaux et Niestlé, 1999
PERRINS (Dr Christopher M.)(dir.), L’encyclopédie mondiale des oiseaux, Bordas, 1991
PETERSON (Roger T.), MOUNTFRT (Guy), HOLLOM (P.A.D.), GEROUDET (Paul), Guide des oiseaux de France et d’Europe, Delachaux et Niestlé, nv. éd. 1994
WALTER (Henriette), AVENAS (Pierre), La mystérieuse histoire du nom des oiseaux, Robert Laffont, 2007

Autres
Les mares et les ruisseaux temporaires de la Plaine des Maures – n°3, Les cahiers du Conservatoire Etudes des Ecosystèmes de Provence (CEEP)
INPN
Tela Botanica

 

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Abeille domestique
– Généralités

Apis mellifera

Classification

L’Abeille domestique, ou Abeille
européenne, fait partie de la famille des Apidae.

Comment la reconnaitre ?

L’Abeille domestique a généralement le corps brun noir, couvert de poils gris à jaune-brun. Ses deux paires d’ailes sont légèrement colorées, aux nervures foncées. Son thorax présente des bandes feutrées claires à la base des segments abdominaux. Au bout de son abdomen se trouve un dard rétractile.
Ses pattes sont velues et brun noir et sa langue est longue et fine.
Elle possède deux gros yeux brun noir ovoïdes, sans iris ni pupille, composés de 4000 à 5000 facettes, chacune étant une unité visuelle. Ces gros yeux lui permettent de voir sur près de 360°.

Elle a également trois autres petits yeux dits ocelles, sortes de cellules photoélectriques, situés au sommet de la tête sous les petits poils et qui lui permettent d’apprécier les variations d’intensité lumineuse.
Elle présente enfin deux antennes dont elle se sert pour sentir, goûter, toucher, entendre, mesurer l’humidité de l’air et le taux de dioxyde de carbone (CO2).
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Chaque société (ou colonie) comprend 3 castes :
• reine (femelle) : mesure de 14 à 17 mm de long, avec des yeux étroits, possède un corps mince et un abdomen assez allongé sans appareil de récolte ni de glandes cirières
• ouvrière : mesure de 11 à 14 mm de long, possède des glandes permettant la production de gelée royale quand elle occupe la fonction de nourrice, une corbeille de récolte sur les tibias postérieurs,et des glandes cirières abdominales
• faux-bourdon (mâle) : mesure de 13 à 16 mm de long, possède de gros yeux contigus. Son corps est trapu, son abdomen large. Il ne possède pas d’appareil de récolte
Toutes les abeilles ne sont pas considérées comme mellifères. Il existe au moins 5 races d’abeilles produisant du miel et qui appartiennent à 2 espèces, l’Apis mellifera et l’Apis Cerana. Chez Apis mellifera, les principales sous espèces sont les suivantes : Apis mellifera mellifera, Apis mellifera ligustica, Apis mellifera caucasica, Apis mellifera carnica, Apis mellifera cecropia.

Il est à noter qu’il existe également un hybride d’abeille mellifère, la Buckfast®, qui est un croisement entre les races Apis mellifera mellifera et Apis mellifera ligustica.
Toutes les abeilles mellifères possèdent des particularités morphologiques : la race italienne (Apis mellifera ligustica), commune à toute l’Europe, qui a les deux premiers segments de son abdomen orangés.

Abeille domestique (Photographie © Catherine Fournil)
Abeille domestique (Photographie © Catherine Fournil)

Distribution et habitat

L’Abeille domestique ou Abeille européenne est une espèce cosmopolite originaire du sud de l’Asie, bien implantée en Europe à l’état sauvage et dans des ruches.
Elle réside à l’état naturel surtout dans les bois clairs, mais quand elle est domestiquée elle se rencontre dans tous les biotopes.

Prédateurs et parasites

L’Abeille domestique a de nombreux prédateurs, surtout en vol : les oiseaux, les grenouilles, les araignées, les frelons, ou encore l’ours (comme l’Ours malais dans le sud-est de l’Asie) qui mange les nids.
Elles sont par ailleurs parasitées par le Varroa (acarien), le Philanthe apivore et le pou des abeilles (Braula coeca). Elles sont aussi touchées par certaines maladies bactériennes, fongiques ou virales comme la loque américaine, la loque européenne, la nosémose ou encore la maladie noire.

Menaces et protection

« Depuis une dizaine d’années, l’effondrement des colonies d’Abeilles se confirme un peu partout dans le monde ; virus, champignons, varroa, pesticides, bactéries sont suspectés de contribuer » de contribuer au syndrome d’effondrement des colonies « .
Ce phénomène est inquiétant car les Abeilles assurent une grande partie de la pollinisation de plantes, y compris celles que l’Homme cultive. » (citation Abeilles, de Gay et Menkhoff)
D’autres facteurs participent à l’effondrement des colonies d’abeilles : la réduction de la biodiversité floristique, la fragmentation des habitat (les estimations portent à plus près de deux millions de kilomètres de linéaires de haies supprimées en France en 120 ans), la diminution des surfaces agricoles et naturelles, le réchauffement climatique et son impact sur les périodes de floraison et les changements dans les pratiques agricoles en général (dates ou mode de fauche, diminution des bandes enherbées ou des haies, utilisation de nouvelle génération d’insecticides néonicotinoïdes attaquant directement le système nerveux…).

À noter que si les abeilles sont les plus actives pollinisatrices (80% des plantes à fleurs dans le monde sont pollinisées par plus de 20 000 espèces d’abeilles), d’autres insectes participent aussi au phénomène de la pollinisation : par exemple certaines mouches, les papillons, les scarabées.

Le saviez-vous ?

Le terme de Mellifera vient du latin et signifie « porteuse de miel ».
L’abeille produit aussi la propolis, un genre de résine aux vertus antiseptiques,ainsi que de la gelée royale et du « pain d’abeilles »issu de pollen fermenté riche en protéines, vitamines et minéraux. Cette production est comestible.

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Abeille domestique
– La vie de l’abeille

Apis mellifera

Comportements

L’Abeille domestique vit organisée en société. Elle vit en grandes colonies pérennes de 40 000 à 60 000 individus au printemps, et entre 5000 à 15 000 individus durant l’hiver. Une reine vit de 4 à 5 ans, et une ouvrière entre 35 et 40 jours sauf si elle est amenée à hiverner, auquel cas sa durée de vie peut aller jusqu’à 190 jours. Les Abeilles produisent au moins 50 phéromones qui interviennent dans la régulation du fonctionnement de leur société complexe et permettent une coordination des activités des divers individus. Les ouvrières forment la quasi totalité de la colonie et butinent du début du printemps jusqu’à l’automne avant d’hiverner (seuls les mâles, qui apparaissent surtout en été, n’hivernent pas).

Elles butinent les fleurs de nombreuses espèces de plantes, mais toujours sur une espèce déterminée tant que celle-ci est productive.
En effectuant au sol des mouvements particuliers appelés « danse », l’Abeille transmet à ses sœurs des informations concernant la dernière source de pollen/nectar visitée. Quand la source est proche (moins de 100 m) elle danse en rond, sinon elle danse en décrivant un huit selon un angle et une vitesse donnant aux autres ouvrières des indications précises de distance et de direction. Ces informations sont complétées par l’odeur de la plante dont l’abeille source est imprégnée.

Reproduction et nidification

À l’état naturel, les Abeilles domestiques fabriquent leur propre nid dans un trou d’arbre, de rocher ou de mur. Pour exploiter le miel fabriqué par les abeilles, l’homme a conçu les ruches, en paille, en bois, en liège. La ruche tout comme le nid naturel, est composée de nombreux rayons. Chaque rayon comprend des centaines d’alvéoles hexagonales faites de cire (sécrétée par les glandes cirières des ouvrières).

Dans ces alvéoles sont répartis le couvain (œufs, larves, nymphes), le miel et le pollen.

ruches
Ruches

La reine peut pondre entre 1500 à 2000 œufs par jour à la belle saison (printemps). Les œufs fécondés donnent des ouvrières ou des reines, les mâles sont eux issus d’œufs non fécondés. Les œufs éclosent au bout de 3-4 jours, puis les abeilles nourricières alimentent les larves. Les larves de reines sont nourries uniquement

de gelée royale, liquide riche en éléments nutritifs, alors que les larves de futures abeilles ouvrières sont nourries de gelé royale les premiers jours puis de pollen et de miel. Au bout de 6 jours, la croissance de la larve d’abeille ouvrière est achevée, les ouvrières de la colonie ferment la cellule par un opercule de cire, et la future abeille s’enveloppe alors dans un cocon. Elle nait 12 jours après l’operculation.
En moyenne, sa vie s’organise de la façon suivante : pendant les 10 premiers jours après sa naissance, l’ouvrière s’occupe du ménage de la ruche, et commence à produire de la gelée royale ; pendant les 10 jours suivants elle devient bâtisseuse, puis nourrice, gardienne et enfin butineuse tout en continuant, lorsque cela est nécessaire, à assumer les tâches précédentes.
Vers la fin du printemps, si la colonie est en surnombre, un essaimage naturel s’amorce. Les ouvrières construisent des cellules plus grandes dans le nid ou la ruche pour accueillir des œufs destinés à devenir des reines. Les larves, nourries de gelée royale, vont éclore au bout de 8 jours.

Une semaine avant l’éclosion de la nouvelle reine (la première à éclore devra éliminer ses sœurs), la moitié de la colonie quitte le nid avec l’ancienne reine pour fonder une nouvelle colonie. C’est ce qu’on appelle l’essaimage naturel.

L’unique accouplement de la reine se produit une semaine après sa naissance : elle rejoint un lieu de rassemblement de mâles, éloigné de la colonie, et s’accouple dans les airs au cours du vol nuptial avec plusieurs d’entre eux. Devenus inutiles après l’accouplement, les mâles sont au cours de l’été jetés hors des colonies par les ouvrières et finissent par mourir, incapables de se nourrir.
Dans une ruche, l’apiculteur peut faire en sorte que l’essaimage n’ait pas lieu s‘il contrôle bien la population d’abeilles et évite le surnombre. Il peut aussi réaliser un essaimage artificiel afin de remplacer une colonie disparue, d’étendre son cheptel ou tout simplement pour prévenir l’essaimage naturel de printemps.

Ruches
Ruches (Photographie © Catherine Fournil)

Comment se nourrit-elle ?

L’ouvrière aspire avec sa langue le nectar d’une fleur, qu’elle boit en partie ou transporte dans son jabot.
De retour au nid, elle régurgite le nectar soit pour nourrir ses sœurs (les mâles dépendent entièrement des ouvrières pour leur alimentation) soit pour leur transmettre.

En général, le nectar ramené au nid n’est pas destiné à être consommé immédiatement, il est stocké dans les alvéoles. Puis, une fois déshydraté, il s’épaissit et les ouvrières lui ajoutent alors des sécrétions glandulaires pour le rendre plus digeste. Ainsi se forme, dans les alvéoles remplies et fermées par un opercule de cire, le miel servant de nourriture aux abeilles. Une butineuse doit visiter environ 7500 fleurs pour produire un gramme de miel, ce qui revient approximativement à 30h de travail d’abeille.

Le pollen, récupéré sur les pattes arrières au niveau du « peigne », est la source de protéines des abeilles, il est surtout récolté pour nourrir les larves d’ouvrières et les jeunes abeilles; il est aussi stocké dans des alvéoles où il subit une fermentation lactique qui le rend digeste.

Alouette lulu 1200PX

Alouette lulu

Lullula arborea

Classification

L’Alouette lulu fait partie de la famille des Alaudidae.

Comment la reconnaitre ?

L’Alouette lulu est un oiseau de petite taille mesurant 15 cm de longueur pour une envergure comprise entre 27 et 30 cm. Sa silhouette trapue est due à sa queue très courte. Elle possède un bec fin, une petite huppe érectile arrondie, de larges ailes arrondies ainsi qu’une courte queue à coins blancs.
Son plumage sur le dos et les ailes est de couleur brun-fauve fortement rayé, alors que son ventre est blanc-crème nettement strié de brun à la gorge. Sa calotte est striée de brun-roux et de noir. Elle possède une tache alaire noire et blanche typique au poignet.

Elle présente des sourcils blancs très apparents se rejoignant sur la nuque et des joues de couleur brun-roux. Ses pattes sont de couleur chair.
L’Alouette lulu ne présente pas de dimorphisme sexuel apparent.
Alouette lulu

Comportements et chant

L’Alouette lulu est un oiseau diurne, grégaire en hiver. Réveillée avant l’aube, elle quitte sa place de sommeil au sol et commence à parcourir son domaine en marchant se nourrit, se repose, procède à sa toilette, inspecte les alentours.

France c’est une migratrice ; elle est absente en hiver au nord d’une ligne Caen-Lyon et déserte également les territoires les plus élevés.

Son vol est onduleux, voire hésitant, affichant des battements en séries et des glissés. Aussi, après un essor léger, elle monte en spirales, puis plonge ailes fermées jusqu’au sol.

Son cri est mélodieux et trisyllabique : buduli. En comparaison de celui de l’Alouette des champs, son chant est moins varié, soutenu et puissant, mais il est plus mélodieux et plaintif, en phrases flûtées : lullullulluduliduli…. Enfin, l’Alouette lulu chante généralement en vol.

Reproduction et nidification

Dès fin février le mâle commence à chanter, souvent sur un perchoir et à pleine voix dans le ciel. Il approche la femelle huppe dressée, esquisse quelques petites courbettes et la contourne e

dressant et froissant sa queue en éventail.
La nidification se déroule de mars à juillet, avec 2 à 3 pontes par an. Le nid est enchassé dans le sol, souvent au pied d’une plante ou d’un arbrisseau qui le dissimule parfaitement.
Une portée donne entre 3 et 5 œufs, blanchâtres tachetés de brun, qui sont couvés pendant 12 à 15 jours par la femelle. Après l’éclosion, les poussins, au long duvet crème sur le dos, séjournent 10 à 12 jours dans le nid, ils atteignent leur maturité sexuelle à 1 an. L’Alouette lulu a une durée de vie maximale de 6 ans.

Où la trouve-t-on ?

L’Alouette lulu est présente dans les régions chaudes et tempérées d’Europe, et aussi au Maghreb, au Moyen-Orient et dans le Caucase. On la retrouve partout en France, à l’exception de la Normandie et de l’Île-de-France où sa présence est seulement probable.
C’est un oiseau majoritairement terrestre affectionnant les lieux secs ensoleillés avec une strate herbeuse courte et une répartition éparse d’arbres et de buissons ; ainsi, elle préfère

les pelouses sèches, les bruyères, les landes, les friches, les pâturages, les vignobles et le bas maquis. Ces lieux doivent néanmoins présenter un perchoir à proximité.

Alouette lulu sur rocher
Alouette lulu (Photographie © Silviu Pantiru, Creative Commons, no changes)

Comment se nourrit-elle ?

L’Alouette lulu se nourrit d’insectes et d’araignées en été, et de graines en hiver qu’elle picore à la surface du sol et sur les plantes.

Menaces et protection

L’espèce est considérée en déclin, majoritairement à cause de la raréfaction de son habitat qui a pour origine principale la fermeture des milieux ouverts favorables à son développement. Cette fermeture est due d’une part à la déprise agricole qui conduit au reboisement des parcelles (suite à l’abandon du pâturage) et, d’autre part, aux plantations sylvicoles.

L’Alouette lulu est protégée en France, inscrite à l’annexe I de la directive « Oiseaux » et à l’annexe III de la convention de Berne. Par ailleurs, elle se trouve également sur la liste rouge des oiseaux nicheurs de France métropolitaine de l’UICN, sur la liste rouge européenne et la liste rouge mondiale des espèces menacées de l’UICN, et a le statut « Préoccupation mineure » (LC) dans les trois. Elle est donc considérée comme une espèce pour laquelle le risque de disparition est actuellement faible.

Le saviez-vous ?

Le terme Alauda, qui signifie alouette, vient probablement du gaulois.
La legio V Alaudae (aussi connue sous le nom de Legio Gallica) fut la première légion romaine formée de soldats gaulois transalpins par César en -57/-58 durant la conquête des Gaules (relatée dans son Bellum Gallicum). Ce nom, Alaudae, lui fut attribué à cause des casques des soldats gaulois qui arboraient de chaque côté une aile d’Alouette déployée.

Bruant zizi

Bruant zizi

Emberiza cirlus

Classification

Le Bruant zizi fait partie de la famille des Emberizidés (Emberizidae).

Comment le reconnaitre ?

Le Bruant zizi est un oiseau de petite taille. Son envergure est comprise entre 22 et 26 cm, et il mesure du bec jusqu’au bout de la queue entre 15 et 16 cm.
Mâles et femelles possèdent un dos marron roux strié, un croupion gris olive et une queue bordée de jaune. De manière générale l’espèce présente un plumage aux teintes multiples.
Le mâle arbore une calotte de couleur vert olive rayée de jaune. Ses sourcils et son sous-collier jaune vif sont complétés par un long trait jaune sous l’œil ainsi que par un trait noir distinctif sur l’œil. Sa gorge est noire,

a poitrine verdâtre à tâches rousses de chaque côté et les parties inférieures du Bruant zizi sont jaune pâle. Cette physionomie générale d’été disparait quelque peu en hiver : le jaune se ternit, le roux s’assombrit et les stries jaunâtres de la calotte se fondent dans le vert olive.
La femelle a elle sa poitrine, le dessous et les côtés du cou finement rayés à dominante grise. Contrairement au mâle, le trait sur l’œil, sa moustache et sa calotte sont moins sombres.
Bruant zizi légendé

Comportements et chant

Le Bruant zizi vit le plus souvent en groupes lâches en dehors de la période de reproduction.
Son vol est onduleux avec des séries de battements plutôt faibles. Les ondulations sont moins marquées sur les longs trajets.
Le mâle chante souvent d’un perchoir dégagé, élevé. Son chant se réduit à un trille rapide et court, plutôt vibrant : « t-r-r-r-r-r-r-r-r-r ». Il peut aussi être telle une crécelle trainante, assez monotone, en « sississississississi ». Par ailleurs, il pousse des brefs cris, simples et aigus comme « tzit » ou « sip ».

Le Bruant zizi est un migrateur partiel, au moins dans le sud de la France. En effet, les populations hivernantes méridionales sont rejointes l’hiver par des individus provenant du nord et de l’est.

Reproduction et nidification

La reproduction du Bruant zizi a lieu entre avril et août, avec généralement 2 nichées.
Le nid est le plus souvent construit à faible hauteur dans un buisson à partir de brindilles, d’herbes et de mousses. On le trouve aussi mais plus rarement directement à terre.
Une couvée donne entre 1 et 3 œufs, qui sont incubés pendant 14 jours. Après l’éclosion, les jeunes oiseaux, sont élevés dans le nid pendant 14 jours avant leur envol.
La longévité maximale du Bruant zizi dépasse rarement les 3 ans mais elle est en moyenne, beaucoup plus faible.

Où le trouve-t-on ?

Il est présent sur tout le pourtour de la Méditerranée occidentale et centrale, et il niche dans presque toute la France métropolitaine avec une préférence pour l’ouest et le sud.

Il apprécie principalement les habitats ouverts comme les cultures et friches avec présence de haies, les landes buissonnantes, les garrigues et les maquis. Il affectionne également les bois clairs et les lisières de forêts mais ne dédaigne pas les secteurs urbanisés à faible densité.

Comment se nourrit-il ?

Le Bruant zizi se nourrit principalement de graines qu’il trouve au sol, et également d’insectes (notamment de sauterelles).

Menaces et protection

L’espèce figure sur la liste rouge des oiseaux nicheurs de France métropolitaine de l’UICN, sur la liste rouge européenne et la liste rouge mondiale des espèces menacées de l’UICN, avec le statut « Préoccupation mineure » (LC). Elle est donc considérée comme une espèce pour laquelle le risque de disparition est actuellement faible.

Bruant zizi (femelle)
Bruant zizi (femelle) (Photographie © fra298, Creative Commons, no changes)
Cigale grise en-tête

Cigale grise

Cicada orni

Classification

La Cigale grise fait partie de la famille des Cicadidés (Cicadidae) qui appartient à l’ordre des Hémiptères (Hemiptera).

Comment la reconnaître

Elle mesure en moyenne 25 mm.
Comme chez toutes les cigales, sa tête est large avec des yeux saillants et des antennes courtes. Elle possède deux paires d’ailes transparentes, des postérieures petites (peu visibles lorsqu’elle est posée) et des antérieures grandes, dont les nervures longitudinales n’atteignent pas le bord externe de l’aile.

La robe de la Cigale grise présente un grand nombre de couleurs (orange, rouge-marron, marron, gris, vert-d’eau,…) lui donnant une teinte générale oscillant selon les individus entre

le gris et le marron, ce qui lui permet de se camoufler en se confondant avec l’écorce des arbres. De plus, elle a pour particularité d’avoir une dizaine de taches noires (souvent 11) tout à fait caractéristiques de l’espèce sur les nervures de ses ailes antérieures. Enfin, ses cymbales (voir Comportements) sont partiellement visibles.
Cigale grise

Comportements

Chez les cigales, seuls les mâles chantent, pour attirer les femelles ou repousser leurs rivaux.

Ces sons, souvent stridents (environ 80 décibels mesurés à 1 m de distance), sont appelés « chants » ou « cymbalisations » et sont produits par mise en vibrations de structures particulières nommées « cymbales » ou « timbales ». Ces dernières se trouvent situées à l’avant et de chaque côté de l’abdomen. Les mâles possèdent même une cavité destinée à amplifier ces sons et qui agit comme une caisse de résonance. Chez la Cigale grise, des expansions cuticulaires dites
« cymbacalyptes » ou « protège-timbales » recouvrent en partie ces structures.

Les cigales chantent principalement de la mi-juin à la mi-août. Elles sont diurnes, chantent par beau temps, mais chantent peu lorsque la température est inférieure à 22°C. De plus, elles se taisent dès que l’on s’approche d’elles, ce qui accroit notre difficulté à les observer (ceci s’ajoutant à leur « camouflage »).

Reproduction et nidification

Après l’accouplement qui a lieu entre fin août et début septembre, la femelle utilise sa tarière (ici comme un ovipositeur) pour fendre la tige d’une plante et pour y déposer à de multiple reprises ses œufs (entre 300 et 400 œufs en moyenne au total). Après 1 à 3 mois d’incubation, les larves éclosent et tombent sur le sol (volontairement ou par accident) où elles s’enfouissent. Elles vivront sous terre pendant plusieurs années, de 2 à 6 ans. Puis, au mois de juin, les larves sortent du sol et se posent sur le tronc d’un arbuste ou sur la tige d’une plante pour y effectuer leur dernière mue avant le stade adulte.
Une fois adulte, la Cigale grise ne vit que 3 à 4 semaines.

Distribution et habitat

On trouve la Cigale grise sur le pourtour méditerranéen européen. En France, elle est présente dans essentiellement dans les départements méditerranéens.

Adulte, on la croise principalement sur les troncs d’arbres, principalement le pin et l’olivier.

Cigale grise
La Cigale grise (Photographie © Pescalune Photo, Creative Commons, no changes)

Comment se nourrit-elle ?

La Cigale grise adulte s’alimente exclusivement de la sève des arbres. Pour ce faire, elle perce l’écorce des arbres et des arbustes grâce à son rostre pour en pomper la sève.
La larve elle, vivant sous terre, se nourrit de la sève des racines de végétaux.

Prédateurs

Dans le Midi, les prédateurs de la cigale à l’état larvaire sont principalement les fourmis, les petites guêpes du genre Centrodora et les acariens.
Une fois adulte, ce sont les oiseaux qui s’en régalent, comme le Guêpier d’Europe.

Menaces et protection

La Cigale grise ne possède pas de statut de protection particulier.

Le saviez-vous ? →

La Cigale grise est aussi appelée « Cacan »…

Le saviez-vous ?

La Cigale grise est aussi appelée « Cacan » en Provence.

Au moins depuis l’Antiquité nous mangeons des cigales, le dernier stade avant la forme adulte étant le plus apprécié, mais elles sont mangées à tous les stades.
Un usage médicinal des cigales toujours présent en Provence est décrit par le savant grec du 1er siècle ap J-C Dioscoride. Il consiste à manger les cigales grillées, ou préparées en tisane pour être utilisées comme diurétique et contre les douleurs de la vessie.


N.B.
: un inventaire des cigales réalisé par un spécialiste du MNHN est actuellement en cours sur le site. Les résultats de l’inventaire seront mis en ligne sur le site web de l’INPN.

Courtiliere commune 1200PX2

Courtilière commune

Gryllotalpa Gryllotalpa

Classification

La Courtilière commune appartient à la classe des Insectes et fait partie de la famille des Gryllotalpides (Gryllotalpidae).

Comment la reconnaître

La Courtilière commune peut atteindre une longueur de 50 mm pour la femelle et de 45 mm pour le mâle. Elle présente une couleur principale brun sombre. Son corps cylindrique très robuste est recouvert d’un duvet. Sa tête est plus étroite que son thorax et présente des antennes courtes et de petits yeux. Elle possède deux paires d’ailes : une paire antérieure réduite et une paire postérieure plissée.
La Courtilière commune a une paire de pattes antérieures dentées fouisseuses et une paire de pattes postérieures lui servant à pousser le sol vers l’arrière le long de la galerie (lorsqu’elle est

ous terre). Son cycle biologique s’étend jusqu’à 3 ans. L’espèce présente un léger dimorphisme sexuel : le mâle se distingue de la femelle par la disposition des nervures dans la région médiane du tegmen (aile antérieure) qui forment un diapason dont l’ouverture est dirigée vers l’avant.
Courtiliere commune - légendes

Comportements

La Courtilière commune fouit le sol telle une très petite taupe, elle passe la majeure partie de son temps sous terre. Elle est surtout active du printemps à l’automne.

Son terrier est constitué de galeries évasées qui amplifient et propagent les sons qu’elle emet vers la surface.

Reproduction

La reproduction a lieu au printemps.
Durant cette période, les ailes antérieures du mâle se chevauchent tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre, formant un son appelé stridulation. Ce son peut être décrit comme un bourdonnement strident et prolongé que l’on entend surtout en mai-juin.


L’accouplement se déroule à la surface et non dans les galeries.
Une fois fécondée, la femelle pond ses œufs (entre 200 et 300) dans une loge souterraine particulière de son terrier pour en prendre soin.
La larve passera par une dizaine de mues durant lesquelles elle restera sous terre à grignoter des racines de plantes, des tiges et de petites proies.

Distribution et habitat

On trouve la Courtilière commune dans tous les pays d’Europe occidentale.
En France, elle apprécie principalement les zones où le sol humide et sablonneux supporte une végétation basse mais également les zones proches des rivières, des étangs et des lacs.

Alimentation

La Courtilière commune, juvénile et adulte, est omnivore. Elle se nourrit majoritairement de petits animaux, notamment de larves d’insectes, et également de racines et de tubercules de différentes plantes.

Prédateurs

Ses prédateurs sont principalement les oiseaux et les rongeurs.

Protection

La Courtilière commune ne possède aucun statut de protection.

Le saviez-vous ?

La Courtilière commune possède bien des noms en français (et d’en d’autres langues et divers parlers occitans) eut égard à sa notoriété, tels que : Airote, Arête, Avant-taupe, Darbon, Ecrevisse de terre, Fumerolle, Grillon-taupe, Hérat, Laboureuse, Loup de terre, Perce-chaussée, Rataillon, Tarrette, Taupe-grillon et Taupette.
Elle est à l’origine de nombreux dégâts sur les cultures de graminées et de légumes, notamment les pommes de terre, ce qui lui vaut d’être le plus souvent chassée.

La Courtilière des vignes (Gryllotalpa vineae), espèce présente dans le Var que l’on retrouve dans les vignes principalement non traitées et à proximité (pelouses sableuses par exemple), et qui peut se distinguer par son chant, peut très certainement être observée dans le Bois de Bouis.

Courtilière commune
Courtilière commune (Photographie © Sergey Yeliseev, Creative Commons, no changes)
Crapaud calamite 1200PX

Crapaud calamite

Bufo Calamita

Classification

Le Crapaud calamite appartient à la classe des Amphibiens et fait partie de la famille des Bufonides (Bufonidae).

Comment le reconnaître

Le Crapaud calamite est trapu. Le mâle mesure jusqu’à 70 mm de long alors que la femelle peut atteindre 80 mm de long.
Sa tête est plus large que longue, et ses pupilles sont rondes horizontales avec un iris jaune ou verdâtre. Les tympans sont peu distincts.
Sa peau est verruqueuse sèche, il possède des glandes parotoïdes plates, de forme plutôt triangulaire, assez peu visibles. Sa face dorsale présente plusieurs couleurs en nappes et taches allant du brun, au gris à l’olive en passant par le verdâtre. Des taches sombres ou des verrues rougeâtres peuvent aussi apparaitre.

Très souvent il présente une ligne médio-dorsale de couleur clair (jaune) s’étendant du front à l’extrémité du corps. Sa face ventrale est blanchâtre souvent tachée de gris. La palmure des orteils est moyennement développée.

L’espèce présente plusieurs dimorphismes sexuels : les mâles possèdent des membres antérieurs plus puissants, des callosités nuptiales sur les trois premiers doigts qui s’assombrissent pendant la période de reproduction, et un grand sac vocal sous la gorge. Enfin la gorge des femelles est blanc cassé alors que celle des mâles est bleuâtre.
Crapaud calamite légende

Comportements

Au cours de la journée, le Crapaud calamite se cache dans les trous qu’il a lui-même creusés, mais également dans les terriers des mammifères et les trous des murs. Il sort principalement le soir et la nuit. Il est actif entre mars et octobre, voire toute l’année pour les régions les plus septentrionales. Il se déplace plutôt en courant comme une souris qu’en sautant.
En situation de danger, il se gonfle et redresse ses pattes postérieures ; Il sécrète aussi un liquide blanc au niveau de sa peau et dégage une odeur typique.

Reproduction

En France sa période de reproduction va d’avril à août. Mais plusieurs périodes de reproduction sont possibles, 3 au maximum, déclenchées par la pluie.
Généralement après le coucher du soleil, on peut entendre le chant monotone du Crapaud calamite qui, assis dans des eaux peu profondes ou sur une rive, émet une série de sons puissant

et métalliques « errr…errr…errr… » souvent en chœur avec d’autres crapauds calamite.

Pendant l’accouplement la femelle est tenue au niveau des aisselles par le mâle.

amplexus de crapaud calamite Epidalea calamita
Amplexus de Crapaud calamite (Epidalea calamita)

Celle-ci ne reste dans l’eau que le temps de la ponte : un cordon de 1 à 2 m de longueur contenant entre 2800 et 4000 d’œufs noirs est déposé à une profondeur de 1 à 20 cm.

Ces œufs, ordonnés en 1 ou 2 rangés, font de 1 à 1,7 mm, et suivant la température de l’eau mettront entre 3 et 8 jours à terminer leur développement embryonnaire. Après l’éclosion, la métamorphose des larves prend 3 à 12 semaines, les jeunes mesurant alors entre 6 et 13 mm.
La maturité sexuelle du Crapaud calamite est atteinte après la seconde hibernation.
Son cycle biologique peut atteindre 17 ans.

Distribution et habitat

On trouve le Crapaud calamite dans une grande partie de l’Europe, en suivant une ligne du nord-est au sud –ouest, de l’ouest de la Russie à la péninsule ibérique.
En France il est présent sur la presque totalité du territoire métropolitain (sauf en Corse) en dehors des zones les plus boisée et les plus montagneuses.

En France, il apprécie principalement les habitats ouverts, secs et chauds, possédants un sol léger et sableux comme les rives des rivières et ruisseaux, les dunes, les garrigues, les vignes, les friches et les carrières de graviers ou de sables. On le retrouve également dans les zones agraires pauvres en végétation, les terrains industriels ou boueux, mines,… Pour sa reproduction il recherche des plans d’eau peu profonds, ensoleillés et toujours peu végétalisés.

Alimentation

Le Crapaud calamite adulte se nourrit essentiellement de mouches, de fourmis, de coléoptères, d’hémiptères et d’araignées. Au stade de têtard il consomme de petites algues et des fragments de plantes.

Prédateurs

Adulte, les principaux prédateurs du Crapaud calamite sont les oiseaux, et plus particulièrement la Chouette chevêche, la Chouette hulotte et les goélands. On recense également les Couleuvres à colliers et vipérines qui se nourrissent d’adultes et de têtards. Les têtards sont eux la proie des larves de libellules et de coléoptères aquatiques.

Protection

Au niveau européen le Crapaud calamite est cité dans l’annexe II et III de la convention de Berne. Il est protégé par l’article 2 de la liste des amphibiens et des reptiles protégés sur l’ensemble du territoire français.
En France métropolitaine l’espèce est classée en préoccupation mineure (LC) par l’UICN dans la liste rouge des amphibiens de France métropolitaine, ainsi que dans la liste rouge mondiale de l’UICN et la liste européenne de l’UICN.

Le saviez-vous ?

Le chant d’accouplement du Crapaud calamite peut s’entendre jusqu’à 2 km !
Son chant nuptial peut être confondu avec celui de la Courtilière commune.

Crapaud calamite
Crapaud calamite
Diane

Diane

Zerynthia polyxena

Comment
la reconnaitre ?

Envergure : 45-55 mm
Le dessus des ailes : sur fond jaune pâle, ornées de motifs noirs, rouges et bleus qui forment, surtout aux ailes postérieures, une mosaïque particulièrement multicolore ; Le bord des ailes est très découpé.
Le dessous des ailes : sur fond jaune pâle avec des motifs ressemblant à ceux du dessus – dessins bordés de rouge.

Où vit-elle ?

Sud de l’Europe à l’exception de la Péninsule ibérique. En France, entre les départements de l’Aude et des Alpes-Maritimes. On la rencontre jusqu’à une altitude de 1600 m en Provence.
Ravins, bords de torrents, plantations de roseaux, talus herbeux.

Pour pondre, la femelle Diane doit trouver une plante de la famille des Aristoloches sur laquelle elle déposera ses œufs.
On dit alors que l’Aristoloche est la plante hôte de ce papillon.

Son cycle de vie

Une seule génération par an. Les imagos volent de mars à mai.
Après l’accouplement la femelle pond au mois de mai des œufs isolés ou en petits groupes sur les feuilles de la plante-hôte aristoloche. Les œufs éclosent au bout d’une semaine. Le développement larvaire dure de 4 à 5 semaines. Les chenilles d’abord noires, deviennent progressivement gris argent à beige clair. Elles se nourrissent d’abord des fleurs de l’aristoloche puis de ses feuilles.
La chenille atteint 35 mm de longueur.
Les chrysalides ressemblent à un petit morceau de bois sec et passent facilement inaperçues.

Comment se nourrit-elle ?

Les imagos, actifs au soleil, recherchent plus spécialement les fleurs jaunes pour se nourrir de pollen.
Comme pour la grande majorité des papillons, les adultes mâle et femelle de la diane butinent indifféremment sur toutes sortes de fleurs pour se nourrir à la recherche de pollen et de nectar, avec une petite préférence pour les fleurs jaunes en ce qui concerne la diane.
Et comme pour la grande majorité des papillons, la femelle va rechercher des espèces de plantes – hôtes bien précises (l’aristoloche pour la diane) lorsqu’il s’agit de pondre, car pour chaque espèce, les chenilles ont besoin de plantes bien spécifiques pour s’alimenter.
La femelle de la diane pond sur différentes espèces d’Aristoloche (Aristolochia clematitis ; A. rotunda).

Ses défenses

La chenille est toxique et peut dégager une odeur désagréable pour éloigner les prédateurs.

Les menaces sur l’espèce

Les pratiques agricoles intensives, le remembrement et le drainage conduisent à la disparition de l’aristoloche et donc au déclin de la diane.
Il est important pour la préservation de cette espèce de veiller à la conservation des zones humides et de leurs abords.

Statut de protection

En raison de sa raréfaction, le papillon diane est protégé au niveau européen. Il figure sur la liste à l’annexe II de la Convention de Berne, ainsi qu’à l’annexe 4 IV de la Directive européenne «Habitats».

Le saviez-vous ?

Il existe aussi en France dans le Sud-Est une espèce proche, la proserpine (Zeérynthia rumina) qui ne diffère que par quelques détails de la diane (plus de taches rouges sur le dessus).
La chenille se nourrit aussi sur l’aristoloche et plus particulièrement l’Aristolochia pistolochia.

La Diane

La proserpine
La proserpine (Photographie © Cassiopée2010, Creative Commons, no changes)
Empuse

Empuse

Empusa pennata

Dans la mythologie grecque,
Empousa est une créature
fantastique, sorte de démon.
Dans Les Grenouilles (pièce de théâtre du poète comique grec antique Aristophane), elle apparaît comme gardienne des Enfers : associée au cortège d’Hécate, elle peut prendre l’apparence d’une belle jeune femme mais aussi se métamorphoser en mulet, en bœuf ou encore en chien.

Noms vernaculaires

Empuse ou diablotin.

Comment la reconnaitre ?

Créature fantastique tout droit venue d’un conte pour enfants ou d’un songe irrationnel.
Elle ressemble au premier abord à une mante religieuse mais elle s’en distingue facilement par la forme de sa tête dont le dessus est allongé

en cône.
Le mâle présente de grandes antennes qui ressemblent à des plumes (on dit pectinées) comme en ont les papillons de nuit Bombyx.
La femelle est plus grosse que le mâle et ses antennes sont réduites.
Sur ses pattes et la face ventrale de son abdomen, on trouve quelques petits lobes en forme de feuille.
La jeune empuse se reconnait à son abdomen qu’elle porte relevé.
L’empuse adulte peut atteindre 60 mm de long, sa couleur peut aller du brun au vert clair.
Empuse - légendé

Où vit-elle ?

L’empuse se tient dans la végétation basse, dans les endroits chauds et secs (friches, garrigues, maquis). Sa répartition en France est essentiellement limitée au pourtour méditerranéen. Elle est commune sans être abondante.

Que mange-t ’elle ?

L’empuse se nourrit de mouches et autres insectes volants capturés avec ses pattes avant (pattes ravisseuses) qu’elle manipule avec une extrême rapidité.

Son cycle de vie

Le cycle de vie de l’empuse comme pour beaucoup d’insectes s’effectue sur une année.

L’empuse a une métamorphose progressive, c’est-à-dire que de l’œuf éclot une petite empuse qui ressemble déjà à l’adulte. Sa croissance va être marquée par des mues successives mais sa

changer l’allure générale de l’insecte.

Après l’accouplement la femelle pond sur une tige ou une brindille ; elle fabrique une oothèque contenant une douzaine d’œufs. A la différence de la mante, la femelle empuse ne dévore jamais le mâle après l’accouplement.

Les larves sont caractéristiques (couleur brun clair à beige) et adoptent une posture particulière, avec l’abdomen recourbé vers l’arrière qui leur a fait donner le nom de diablotins.

L’empuse passe l’hiver à l’état de larve.

Protection

Insecte commun de la famille des mantes religieuses, sans statut de protection particulier.

Geai des chênes

Garrulus glandarius

Classification

Le Geai des chênes fait partie de la famille des Corvidés (Corvidae).

Comment le reconnaitre ?

Le Geai des chênes est un oiseau de taille moyenne mesurant 32 à 37 cm de longueur pour une envergure comprise entre 52 et 58 cm. C’est un oiseau répandu. Son corps est de couleur gris-brun rosé, plus pâle au niveau du ventre. Son croupion est blanc pur, le bas-ventre blanc et la queue noir.
Ses ailes sont larges et arrondies, et présentent un plumage bariolé : noir avec un centre blanc pour le plumage intérieur-inférieur, gris au niveau du plumage extérieur-inférieur, et bleu strié de noir pour le plumage extérieur-supérieur.

a tête est surmontée d’une huppe érectile rayée de noir et de blanc. Son œil est de couleur bleu-pâle et son bec brun-noir est court et épais. Enfin, le Geai des chênes possède une épaisse « moustache » noire.
Il ne présente pas de dimorphisme sexuel apparent.
Geai des chênes

Comportements et chant

Le Geai des chênes est un oiseau diurne, au comportement solitaire. Il répugne à s’aventurer en terrain découvert.

Il a un comportement d’oiseau sédentaire et est donc très peu migrateur. Néanmoins, il est sujet à des mouvements invasionnels de grande ampleur. Par exemple, à l’automne, les Geais des chênes peuvent se déplacer en bandes et avoir un comportement erratique.
Son vol est lent et incertain, avec des battements irréguliers mais souples, ses ailes donnant l’impression de ramer. Il vole souvent de manière furtive, en haut au-dessus des arbres en automne lors de la collecte des glands.
Son cri est rauque, pénétrant – skrrèèik ou rrèèsch -, comportant des gloussements étouffés, des miaulements, des sifflements,… C’est un oiseau imitateur qui reproduit très bien certains cris d’animaux tels ceux d’autres oiseaux mais aussi celui du chat ou du cheval.

Reproduction et nidification

La période de reproduction du Geai des chêne s’étend de fin mars à début avril.

Le nid, relativement plat, construit par le couple, et isolé dans un arbre à une hauteur comprise entre 2 et 5 m du sol, est fait de branchettes, d’herbes, de mousse et de poils. L’unique ponte a lieu entre avril et mai. Une couvée donne entre 5 à 7 œufs, de couleur bleu-vert et présentant des pointillés de couleur olive, qui sont couvés pendant 16 à 17 jours par la femelle seule.

Après l’éclosion, les poussins, au départ nus, séjournent 21 à 22 jours dans le nid. Ils atteignent leur maturité sexuelle entre 1 et 2 ans. Le Geai des chêne vit généralement plus d’une dizaine d’années, le record dans la nature étant de 17 ans.

Où le trouve-t-on ?

Le Geai des chênes est présent dans toute l’Europe (sauf dans les régions arctiques), au Maghreb, au Moyen-Orient, dans le Caucase, les régions boréales de Sibérie et en Asie du Sud-Est. On le retrouve dans toute la France métropolitaine.

on habitat est majoritairement forestier. On peut le voir dans les forêts et bosquets de feuillus – chêne principalement – ou mixtes (il cependant évite les massifs de conifères), les bocages, les jardins et les parcs urbains boisés. Il vit de préférence près des lisières de forêts et des clairières.

Geaai des chênes tenant des glands
Geai des chênes tenant des glands (Photographie © Tom Lee, Creative Commons, no changes)

Comment se nourrit-il ?

Le Geai des chênes tient son nom de son régime alimentaire très spécifique à une période de l’année.

En effet, la moitié de l’année il consomme des glands de chêne dont il se nourrit à l’automne et qu’il collecte pour l’hiver. IL les transporte par 3 ou 4 dans sa poche – située à hauteur de la gorge – et 1 de plus dans son bec. Ses réserves de glands sont dissimulées le plus souvent dans le sol, sous les racines, les mousses, les feuilles ou à l’intérieur d’une souche d’arbre. Chaque Geai des chênes collecte plusieurs milliers de glands chaque automne dont il ne retrouve pas toujours l’emplacement, ce qui fait de lui un sylviculteur involontaire.

Au printemps et en été, il se nourrit généralement de faines, châtaignes, noisettes, fruits, céréales, gros insectes (hannetons, carabes, libellules,…), lézards, œufs et oisillons.

Menaces et protection

Comme il pousse ses cris en vol, Le Geai des chênes est une proie désignée pour les rapaces tels que les éperviers et surtout les autours qui n’ont aucune peine à capturer ce corvidé au vol direct et sans ressources.

On note souvent que le Geai des chênes laisse grimper des fourmis sur son plumage en se couchant sur le sol. Il pourrait s’agir d’une manière de lutter contre les parasites des plumes.

Le Geai des chênes se trouve sur la liste rouge des oiseaux nicheurs de France métropolitaine de l’UICN au statut « Préoccupation mineure » (LC). Il est donc considéré comme une espèce pour laquelle le risque de disparition est actuellement faible, non menacé. Il semblerait même que sa population soit en augmentation.

Le saviez-vous ?

Le Geai des chênes est aussi appelé Geai glandivore.
Il est considéré ami ou ennemi du garde-chasse ou du braconnier selon qu’il trahit l’un ou l’autre en signalant intempestivement sa présence de son cri discordant. Il est aussi surnommé l’« ami des forestiers ».

Geai des chênes sur branche
Geai des chênes (Photographie © Tom Lee, Creative Commons, no changes)
Petit-duc2_1200PX

Hibou Petit duc

Otus scops

Classification

Le Hibou Petit duc fait partie de la famille des Strigidés (Strigidae).

Comment le reconnaitre ?

Le Petit duc est avec la Chevêchette d’Europe le plus petit des rapaces nocturnes Européen, faisant la taille d’un gros merle. En effet, il mesure de 19 à 20 cm de long pour une envergure comprise entre 50 et 54 cm.
Son plumage est le plus souvent gris-brun, parfois à dominante brun-roux, strié de fins traits noirs et présentant des tâches blanchâtres diffuses. Son ventre est lui plus clair.
Ses ailes, assez longues et étroites, sont barrées de stries brun-noir.

a tête, petite, est aplatie sur le dessus. Il possède de grandes aigrettes érectiles qui sont parfois peu visibles lorsqu’il les plaque contre la tête (quand il est calme). Il présente des disques faciaux gris pâle bordés de noir et possède des yeux cerclés de noir à l’iris jaune-orangé. Enfin, son bec est noir-bleuâtre.
Le Petit duc ne présente pas de dimorphisme sexuel visible.
Petit duc

Comportements et chant

Il passe ses journées immobiles, accolé au tronc d’un arbre, littéralement camouflé grâce à son plumage « couleur d’écorce. Il ne s’active que tard dans la nuit après avoir fait longuement fait retentir son chant dès le crépuscule. Il est très difficilement observable, le jour.
C’est un oiseau migrateur. Il quitte la France dès la fin du mois d’août pour partir hiverner en Afrique, entre le désert du Sahara et la ligne équatoriale. Apparemment l’Afrique de l’Ouest est le lieu de prédilection des individus « français ». Le retour de migration se fait dès la fin du mois d’avril.
Le vol du Petit duc est bref, peu onduleux, fait de séries de battements précipités.
Son chant est fait de « piou » ou « tiou » isolés, doux et flûté (à vocalisation sifflante et mélodieuse pour le mâle, plus aigüe et moins pure pour la femelle) qui se répètent pendant de longs moments à quelques secondes d’intervalle. Attention à ne pas le confondre avec le cri du Crapaud accoucheur qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau!

Reproduction et nidification

Aucun aménagement n’est fait dans son nid qui se trouve soit dans un arbre, soit dans le trou d’un mur d’une maison/ruine, ou encore dans un vieux nid de pie, toujours à faible hauteur.
L’unique ponte annuelle s’effectue généralement fin mai-début juin. Elle comprend 4 à 5 œufs (au maximum 7) de couleur blanc brillant, de forme arrondie et mesurant 3 cm de longueur. Les œufs sont couvés par la femelle pendant 4 semaines environ avant éclosion. Les jeunes restent alors dans le nid à peu près 24 jours, puis « prennent leur envol » pour ainsi dire car comme chez tous les rapaces nocturnes ils quittent le nid avant de savoir voler. Les jeunes atteignent leur maturité sexuelle à 1 an.
La durée de vie maximale observée d’un Petit duc est de 7 ans.

Où le trouve-t-on ?

Le Petit duc est présent dans tout le bassin méditerranéen, du Portugal au Caucase, et également dans tout le Maghreb. En France il vit essentiellement dans la moitié sud du pays, totalement absent au nord-ouest d’une ligne allant de l’embouchure de la Loire aux Ardennes.
On le retrouve dans les campagnes découvertes où il peut chasser (landes, friches, prairies,…), non loin d’arbres riches en cavités pour son nid (noyer, amandier, chêne ou encore les platanes qui bordent les routes). Il est connu pour s’installer dans les villes et villages du Midi.

Comment se nourrit-il ?

Le régime alimentaire du Petit duc est essentiellement composé d’insectes (sauterelles, papillons,…). Il se satisfait également d’araignées, de lézards, de petits oiseaux et de micro-mammifères.

Petit duc
Petit duc(Photographie © Sergey Yeliseev, Creative Commons, no changes)

Menaces et protection

L’espèce est considérée en déclin en Europe et certainement en France, majoritairement à cause de la raréfaction de ses proies due à la dégradation ou à la disparition de ses territoires de chasse soumis à une agriculture intensive.

La seconde menace pèserait elle sur les sites de nidification qui diminuent face aux remembrements. Ces derniers sont responsables de la destruction du bocage et de l’abattage des vieux arbres indispensables au Petit duc.

Le Petit duc est protégé en France, inscrit à l’annexe II de la convention de Berne et de la convention de Washington. Par ailleurs, l’espèce se trouve également sur la liste rouge des oiseaux nicheurs de France métropolitaine de l’UICN, sur la liste rouge européenne et la liste rouge mondiale des espèces menacées de l’UICN, et a le statut « Préoccupation mineure » (LC) dans les trois.
Elle est donc considérée comme une espèce pour laquelle le risque de disparition est actuellement faible.

Le saviez-vous ?

Le nom de Petit duc viendrait de ses aigrettes qui rappellent une couronne ducale. Une autre hypothèse moins acceptée concernant son nom nous est donnée par Buffon qui se réfère à un texte d’Aristote : « Le hibou […] précède & conduit, dit-il [Aristote], les cailles lorsqu’elles partent pour changer de climat et c’est par cette raison qu’on appelle cet oiseau dux ou duc ».

Huppe fasciée

Huppe fasciée

Upupa epops

Classification

La Huppe fasciée fait partie
de la famille des Upupidae.

Comment la reconnaitre ?

La Huppe fasciée est un oiseau de taille moyenne. Elle a une envergure comprise entre 42 et 46 cm, et mesure du bec jusqu’au bout de la queue entre 26 et 28 cm.
Sa tête, son cou, sa poitrine et le haut de son dos présentent une belle robe orange pâle (voire brun-rose). Sur sa tête se trouve une huppe érectile orange aux pointes noires qui ne se déploie que lorsqu’elle atterrit, est effrayée ou inquiète. Elle possède des yeux noirs et un long bec brun noir arqué vers le bas, utile pour fouiller la terre à la recherche de larves et de vers.
Le dos, le croupion et les larges ailes sont barrés d’épaisses lignes noires et blanches,

mais son ventre est entièrement blanc. Sa longue queue noire présente une épaisse ligne blanche en son milieu, dans le sens de la largeur. Enfin ses pattes sont grises et courtes.
La Huppe fasciée ne présente pas de dimorphisme sexuel apparent.
Huppe fasciée légendée

Comportements et chant

Solitaire, elle passe la majeure partie de son temps au sol, mais se perche aussi volontiers sur une branche.

Elle passe pour un oiseau malpropre en raison de son nid malodorant (surtout vers la fin de l’élevage des jeunes car la désagréable odeur est produite par une sécrétion d’une glande du croupion des poussins).
Son vol est indécis, souvent près du sol, et ressemble à celui d’un papillon avec des battements lents, ouvrant et refermant les ailes, de petits planés et de brusques virages à un rythme irrégulier.
Son chant est caractéristique (houp-oup-oup), doux, porte loin et est en général à trois temps. Mais lorsqu’elle est effrayée, elle pousse des cris aigres et rêches.
La Huppe fasciée est généralement visible en France de mars à octobre. Sa migration, vers le Sahel principalement (pour les Huppes d’Europe de l’Ouest), peut commencer dès le mois d’août, et son retour peut avoir lieu dès fin janvier.

Reproduction et nidification

La reproduction de la Huppe fasciée a lieu entre avril et août, avec généralement 2 portées.
La nidification peut se faire dans un trou de roche, de bâtiment ou d’arbre, le nid étant nu ou tapissé de quelques végétaux.
Une portée donne jusqu’à 7 œufs, grisâtres, qui sont couvés pendant 16 à 19 jours. Après l’éclosion, les jeunes oiseaux, duveteux, sont élevés pendant 20 à 27 jours avant leur envol.

Où la trouve-t-on ?

La Huppe fasciée est présente dans une grande partie de l’Europe, du sud au nord jusqu’aux rives de la Manche et de la Baltique, et jusqu’en Estonie à l’est.
On la retrouve partout en France sauf dans la pointe nord, dans une partie de la Bretagne et dans les Alpes au-dessus de 2000 m.
Elle préfère les grands espaces dégagés clairsemés d’arbres comme les plaines cultivées (avec haies), les vergers, les parcs, les lisières de forêts, les zones périurbaines, les bocages,

les steppes, les pelouses, les landes, les prairies,…

Comment se nourrit-elle ?

La Huppe fasciée mange de toutes petites proies capturées au sol : larves de coléoptères, sauterelles, criquets, papillons, mouches, araignées, mille-pattes, limaces, lézards, etc.

Menaces et protection

En France, la Huppe fasciée a subi un important déclin de sa population des années 1950 jusqu’au début des années 2000 (diminution de 49% de ses effectifs entre 1989 et 2001). Les causes possibles de son déclin étaient l’intensification de l’agriculture, avec le remembrement, et l’emploi de pesticides.
Mais sa population semble à nouveau croitre, puisque depuis 2001 elle a augmenté de 114% en France (21% seulement en PACA – chiffres de 2007-2008). Cette récente amélioration des effectifs de population de Huppes fasciées pourrait être due à l’amélioration qualitative

des activités humaines, mais aussi au réchauffement climatique.
L’espèce se trouve sur la liste rouge des oiseaux nicheurs de France métropolitaine de l’UICN, sur la liste rouge européenne et la liste rouge mondiale des espèces menacées de l’UICN, et a le statut « Préoccupation mineure » (LC) dans les trois. Elle est donc considérée comme une espèce pour laquelle le risque de disparition est actuellement faible. Elle figure enfin à l’Annexe III de la Convention de Berne.

Huppe fasciée
Huppe fasciée (Photographie © Maxime, Creative Commons, no changes)

Le saviez-vous ?

Le nom Huppe vient d’une transcription de son chant en une onomatopée latine (houp -oup -oup en upupa) appliquée ensuite à l’ornement de sa tête.
En grec le nom de la Huppe est epops, nom que donne Aristophane au personnage central de sa comédie Les Oiseaux (de 414 av J-C). Ce personnage a le projet de construire une cité aérienne pour couper les communications entre les humains et les dieux, et pour en parler aux autres oiseaux les convoque avec un chant illustrant l’aspect comique extravaguant du personnage lié à l’oiseau qu’il incarne : « Epopopoi, popoi, popopopoi, popoi, iô, iô ».

Jason

Jason

Charaxes jasius

Noms vernaculaires

Nymphale de l’arbousier
(voir nymphose) ou pacha
à deux queues ou jason.

Comment le reconnaitre ?

C’est le plus grand papillon de jour (Rhopalocère) d’Europe ; de 38 à 41 mm d’envergure.
Les ailes arrières sont pourvues de deux queues.
Le dessus des ailes est brun sombre à noir.

Les ailes antérieures présentent une large bordure marginale fauve rougeâtre, et les ailes arrières des taches jaunes orangées en bordure auxquelles s’ajoutent des points bleus brillants.

Le dessous des ailes présente lui des enchevêtrements de bandes et de points bruns et rouge sombre liserés de blanc, avec une bande blanche qui partage les deux ailes sur toute la longueur.

Le jason est un grand « voilier » au vol puissant.

La chenille

La chenille est de couleur verte, finement ponctuée de jaune. Elle possède sur le dos deux ocelles (points ressemblants à des yeux) souvent de couleur bleue et cerclées de noir. Sa queue fourchue se termine par deux petites pointes.
Elle peut atteindre 60 mm de long et porte sur la tête une sorte de casquette dure (appelée capsule céphalique) dotée de 4 cornes brun rouge. La chenille changera de casquette à chacune de ses mues.

Jason chenille - légendé
Où vit-il ?

Le jason est associé (on dit inféodé) à l’arbousier (Arbutus unedo). On va donc le trouver sur le littoral méditerranéen ainsi qu’en Corse dans les milieux semi-boisés et embroussaillés, notamment dans les maquis et garrigues arborées, jusqu’à environ 600 m d’altitude.

Comment se nourrit-il ?

L’adulte recherche particulièrement les fruits très mûrs ou fermentés. Il n’est pas rare de le voir dérouler sa trompe sur des excréments où il puise des sels minéraux.
La chenille, elle, se nourrit des feuilles de l’arbousier.

Son cycle de vie

Le jason a deux générations par an. Les chenilles s’observent en juin-juillet et de septembre à avril. Les imagos s’observent en mai-juin et aout-septembre.
La femelle pond sur l’arbousier (Arbutus unedo) qui est la plante hôte pour la chenille.
Cette dernière passe l’hiver à nu sur les feuilles de l’arbousier. Vers le mois d’avril elle va former une chrysalide et donner naissance à un adulte en mai-juin.

Les mâles et les femelles vont s’accoupler après de rituelles parades nuptiales, et un cycle rapide chenille/ adulte/ ponte va prendre place entre juin et juillet. Les œufs vont éclore vers septembre et les chenilles issues de ce cycle estival grandiront au cours de l’automne et se mettront en repos sur les feuilles de l’arbousier pendant l’hiver….

Protection

Papillon commun sans statut de protection particulier.

Jason

Le saviez-vous ?

L’espèce méditerranéenne est présente en France dans le Midi, en Corse et sur la côte atlantique.
L’arbousier (surnommé l’arbre aux fraises) est un arbuste ou petit arbre sempervirent (toujours vert).
Les feuilles sont coriaces, sombres et luisantes, lancéolées. Les fleurs apparaissent en septembre et sont blanches à roses, en forme de clochettes et réunies en panicules pendantes. Son fruit, l’arbouse est une baie ronde à l’aspect de fraise; il est comestible et de saveur fade (peu sucré). On peut malgré tout en faire des confitures et de la liqueur. Le fruit met un an à murir.

Lézard ocellé

Timon lepidus

Classification

Le Lézard ocellé appartient à la classe des Reptiles et fait partie de la famille des Lacertidés
(Lacertidae).

Comment le reconnaître ?

Adulte
C’est le plus grand lézard d’Europe. D’allure assez trapue, la longueur du corps (du museau au cloaque) peut atteindre 21cm chez la femelle et 24cm chez le mâle, pour une longueur totale (avec la queue) respectivement de 59 et 75 cm.
Son dos est fait d’une mosaïque d’écailles noires et d’écailles allant du jaune-beige au vert suivant les individus, formant parfois des ocelles. Les flancs sont ornés de taches bleues cernées de noir, en forme d’ocelle, et disposées sur deux ou trois rangées. Sa face ventrale est faite d’écailles de couleur homogène allant du jaune claire

au blanc. L’iris de l’œil est rougeâtre. Sa longue queue est très épaisse à la base et se rétrécit progressivement en une pointe fine.
Lézard ocellé légendéLe mâle se distingue de la femelle par sa tête large et massive aux mâchoires puissantes, la présence d’ocelles d’un bleu plus vif, la base de sa queue renflée et des pores fémoraux développés.
Chez le Lézard ocellé comme chez tous les lézards, la femelle, lorsqu’elle est gravide, présente un corps très gros et dilaté.
Enfin, comme tous les lézards, le Lézard ocellé a des oreilles à tympan apparent et il mue –

la couche cornée de son épiderme se remplace régulièrement en se détachant par lambeaux pendant quelques jours.

Jeune
À la naissance le Lézard ocellé est brunâtre ; son dos, ses flancs et le dessus de sa queue sont ponctués de taches claires de couleur jaune-blanc cernées de noir (ocelles), et il mesure 11,5cm en moyenne.
Une fois juvénile il est vert olive, avec les flancs ornés de taches bleues peu marquées et très claires cernées d’un liseré noir (ocelles), et disposées sur deux ou trois rangées. Son dos est alors constitué d’un semis d’écailles noires et vert-jaune agencées elles aussi en forme d’ocelle. Contrairement à l’adulte, l’iris de l’œil est jaune d’or.

Comportements

C’est un animal solitaire qu’on dit peu tolérant vis-à-vis de ses congénères, voire agressif.

Jeune Lézard ocellé
Le sourire du lézard ocellé

Reproduction

L’accouplement a lieu entre mai et juin.
La ponte, annuelle chez le lézard ocellé, est déposée fin mai – début juin. La femelle creuse un trou de 7 à 9 cm de profondeur pour y déposer 15 œufs en moyenne, et ces derniers écloront vers septembre-octobre.

Distribution, habitat et activité

On trouve le Lézard ocellé en France dans le sud principalement (pourtour méditerranéen, Lot)

mais aussi sur le littoral aquitain. Il est également présent dans le Nord-Ouest de l’Italie, en Espagne et au Portugal.

Il apprécie principalement la plupart des paysages secs méditerranéens (en dehors des forêts denses et des zones de grandes cultures totalement dépourvues d’abris) : garrigue, steppes, vignobles et oliveraies, landes ouvertes, clairières isolés….
Cet animal diurne s’active de début mars à la mi-novembre en France, et surtout en mai et juin.

Alimentation

Le Lézard ocellé se nourrit principalement d’arthropodes, surtout des insectes comme les coléoptères (47 à 85% de ses proies) et ses hyménoptères, mais aussi de reptiles, de mammifères, et d’œufs. Son régime variant selon les saisons, il consomme aussi des fruits (surtout celui de l’éphèdre) en été, et des mollusques.

Prédateurs

Les principaux prédateurs du Lézard ocellé adulte sont les oiseaux de proies (rapaces) et les serpents. La mortalité des œufs peut-être parfois importante à cause de la sécheresse du sol et de la prédation par les rats notamment.

Protection

Le statut du Lézard ocellé est très préoccupant car son déclin est généralisé (la première cause serait la déprise rurale avec pour conséquence la reforestation et la fermeture des milieux, ce qui est extrêmement défavorable à l’espèce).
Au niveau européen il est inscrit à l’Annexe II de la Convention de Berne, mais pas dans la Directive européenne Habitats (donc hors du dispositif Natura 2000).
En France métropolitaine l’espèce est menacée de disparition et est classée vulnérable (VU) dans la liste rouge nationale des amphibiens et reptiles de France métropolitaine.

Le saviez-vous ?

Le lézard ocellé profite parfois du lapin de Garenne, son compatriote, lui aussi originaire d’Espagne et occupant depuis aussi longtemps que lui le sud de la France. En effet, le terrier du lapin peut lui être utile et lui servir d’abris contre les prédateurs, mais aussi de refuge à l’intérieur duquel la température est presque constante. Ainsi, il ne se gêne donc pas (comme de nombreuses autres espèces) pour occuper à l’occasion son terrier.
Dans certains endroits dépourvus d’abris utilisables par le Lézard ocellé, on associe même sa disparition à celle du Lapin
de garenne.

Magicienne dentelée

Magicienne
dentelée

Saga pedo

Comment la reconnaitre ?

La magicienne dentelée est un insecte. Elle possède donc 6 pattes, 2 antennes et un corps formé de 3 parties comme tous les insectes (tête, thorax, abdomen). Elle n’a pas d’ailes, on dit qu’elle est aptère.
C’est la plus grande espèce d’insecte d’Europe – sa longueur peut atteindre 15 cm de la pointe du sabre (tarière) au bout des antennes.

Malgré sa taille, la magicienne dentelée est difficile à observer, à cause de ses comportements discrets. Sa découverte tient parfois plus du hasard que d’une recherche précise.

Elle ressemble à une chimère entomologique (voir entomologie), sorte d’insecte qui serait à mi-chemin entre un phasme et une

mante religieuse. Du phasme, elle en a le comportement (se cacher sans bouger dans la végétation, mouvements lents et un peu saccadés) et l’aspect (corps et pattes allongés donnant un aspect de brindille).
Elle rappelle aussi la mante religieuse par la forme de ses pattes avant, utilisées en pattes prédatrices (armées de redoutables épines) lui permettant de capturer de grosses proies.
Sa coloration est variable, verte dans la majorité des cas, parfois grise à bandes latérales jaunes.
Magicienne dentelée - légendé

Comment se nourrit-elle ?

A tous les stades de sa croissance la magicienne dentelée est carnassière et capture à l’aide de ses pattes avant épineuses des proies (mouches, papillons..) qui passent à sa portée, à la manière d’une mante religieuse.

Où vit-elle ?

Elle est présente en France, uniquement dans le Sud et plus particulièrement sur le pourtour méditerranéen.

Magicienne dentelée
La magicienne dentelée (Photographie © Sylvain Gamel, Creative Commons, no changes)

La magicienne dentelée vit dans les habitats en bon état de conservation : secs, calcaires, avec pelouses rases et dalles rocheuses, ou dans les garrigues.
Espèce rare, elle est difficile à distinguer dans la végétation basse où elle se tient à l’affût.

Son cycle de vie

Le cycle de vie de la magicienne dentelée comme pour beaucoup d’insectes s’effectue sur une année. Pendant l’été, la femelle va pondre une vingtaine d’œufs dans le sol à l’aide de sa longue tarière. Ils vont y rester et éclore à la fin du printemps de l’année suivante.

La magicienne dentelée, comme tous les orthoptères (sauterelles, criquets, grillons) a une métamorphose progressive, c’est-à-dire que de l’œuf éclot un petit individu qui ressemble déjà à l’adulte. Sa croissance va être marquée par des mues successives mais sans changer l’allure générale.

Chez les magiciennes dentelées il n’y a pas de mâles et les femelles se reproduisent par parthénogénèse, c’est-à-dire que les femelles pondent des œufs non fécondés. Les descendants de chaque femelle sont donc des clones.

Ses prédateurs

La magicienne dentelée est prédatée par certains rapaces comme le hibou petit-duc et le faucon crécelle ; de petits mammifères carnivores la consomment également.

Protection – classement

La magicienne dentelée est une sauterelle méditerranéenne protégée à l’échelle française, européenne et internationale (Convention de Berne, Directive européenne « Habitats »).
Elle est classée comme espèce vulnérable sur la liste rouge mondiale des espèces menacées de l’UICN.

Le saviez-vous ?

Comment distinguer une sauterelle
d’un criquet ?

Les sauterelles et les criquets peuvent être très semblables dans la diversité des couleurs, des tailles et de l’aspect général.
Quelques différences sont facilement visibles :
– les antennes des sauterelles sont en général longues et fines, tandis que chez les criquets elles sont assez courtes et plus épaisses
– chez les sauterelles, les femelles ont une longue tarière (sorte de sabre plus ou moins long, plus ou moins recourbé qui leur permet de pondre des œufs dans la terre) tandis que chez les femelles criquets la tarière est très petite et peu visible

Rainette Meridionale 1200PX

Rainette méridionale

Hyla meridionalis

Classification

La Rainette méridionale appartient à la classe des Amphibiens et fait partie de la famille des Hylidés (Hylidae).

Comment la reconnaître

Elle mesure généralement 50 mm de long. Sa tête est plutôt courte et elle a le museau arrondi. Sa pupille est elliptique horizontale noire et son iris doré présentant une bande latérale sombre qui s’étend de la narine au point d’insertion des membres, en passant par le tympan apparent.
Sa face dorsale est lisse, de couleur vert clair le plus souvent et ce jusqu’au pli gulaire. Sa face ventrale est elle granuleuse et blanchâtre.

Ses pattes postérieures sont longues. La partie inférieure des cuisses est jaune à jaune orangé, et les pattes peuvent parfois présenter des bandes claires. Les extrémités des doigts de ses membres postérieurs sont élargies en forme de ventouse.

Les mâles possèdent au niveau de la gorge un sac vocal jaunâtre-brun qui forme au repos un pli longitudinal. Les femelles ont elles une gorge lisse et vert clair.
Rainette Meridionale légende

Comportements

La Rainette méridionale est active toute l’année, principalement le matin et aux dernières heures de la journée. On la retrouve souvent perchée dans la végétation.

Reproduction

En France sa période de reproduction va d’avril à juin. Pendant l’accouplement, qui est nocturne et qui a lieu aussi bien en eau douce qu’en eau saumâtre, les mâles maintiennent les femelles par les aisselles. Ils développent des comportements territoriaux et émettent un chant de séduction profond et rythmique, à intervalle régulier d’1 seconde : « Kraar…kraar…kraar… ».
Une fois à terme, toujours de nuit, la femelle dépose 60 paquets d’œufs en contenant chacun 10 à 30 contre des plantes aquatiques. Le développement embryonnaire est quant à lui terminé au bout de 2 à 3 jours.

Après l’éclosion, les têtards mesurent entre 3 à 5 mm de long pour atteindre 50 mm à maturité. Le développement du têtard dure deux mois et demi à trois mois, et une fois la métamorphose opérée, la jeune Rainette méridionale atteint entre 15 et 20 mm.

Distribution et habitat

On trouve la Rainette méridionale dans le sud de la France du bassin aquitain à la Provence, mais aussi dans le nord-est et le sud-ouest de la péninsule ibérique, et également dans le nord-ouest de l’Italie.
En France, cet amphibien apprécie principalement les zones humides continentales ou littorales ainsi que les zones plus sèches de type landes, maquis, garrigues, dunes ou clairières forestières. On la retrouve également dans les vergers, les prés, les vignobles et zones de champs.

Alimentation

La Rainette méridionale se nourrit surtout d’insectes et de larves d’insectes, aussi d’araignées, de mollusques et d’arthropodes.

Prédateurs

Adulte, les prédateurs de la Rainette méridionale sont principalement les couleuvres aquatiques (comme la Couleuvre à collier) et certains oiseaux (comme le Héron). Les têtards peuvent également être la proie de certains poissons et de petits mammifères comme les musaraignes.

Protection

Au niveau européen la Rainette méridionale est citée dans l’annexe II de la convention de Berne et dans l’annexe IV de la directive Habitats. Elle est protégée en France.

En France métropolitaine l’espèce est classée en préoccupation mineure (LC) par l’UICN dans la liste rouge des amphibiens de France métropolitaine, ainsi que dans la liste rouge mondiale de l’UICN et la liste européenne de l’UICN.
Elle reste commune et non menacée sur une grande partie de son aire de répartition.

Rainette méridionale
Rainette méridionale(Photographie © Rafael Valls, Creative Commons, no changes)
Rhinocéros

Rhinocéros

Oryctes nasicornis

Comment le reconnaitre ?

Le rhinocéros (Sous-famille
des Dynastinés) est un des plus gros coléoptères de France et sans doute l’un des plus caractéristiques. Il mesure de 30 à 40 mm de long et le mâle possède une longue corne sur la tête qui saille vers l’arrière. Pendant la saison des amours il utilise cette corne pour soulever son adversaire et le projeter au sol.
Un peu plus petite la femelle n’a pas de corne.
Le rhinocéros est d’un brun-noir luisant, le dessous du corps est couvert de poils rouges, orangés drus et longs.

Où vit-il ?

Les adultes sont nocturnes et volent lors des soirées chaudes ; ils s’enterrent durant la journée. Ils fréquentent les forêts de chênes, les abords des scieries, les jardins et les arbres morts ou sénescents.
Jadis commune, cette espèce s’est beaucoup raréfiée par la destruction de certains de ses biotopes. Fréquent dans le sud de la France, il est
plus rare ailleurs.
Rhinocéros - légendé

Son cycle de vie

Après l’accouplement la femelle pond dans des matières végétales en décomposition, dans le terreau, le compost. Les larves issues de l’accouplement vivent plusieurs années et peuvent atteindre 10 cm de longueur.
La larve fabrique un cocon avec de la terre, des morceaux de bois, de la sciure et se nymphose au bout de deux ou trois ans.
L’adulte apparaît dès fin mars, avril ou mai et vit plusieurs mois jusqu’en automne. On le rencontre surtout durant les mois de juin et juillet. Il est peu actif le jour, vole au crépuscule et la nuit, attiré par les lumières. Le rhinocéros adulte ne vit que 4 à 8 semaines.

Comment se nourrit-il ?

Les larves se nourrissent de bois ou de matière végétale en décomposition (sciure, terreau).
L’adulte s’alimente de bois en décomposition et de sécrétions végétales.

Ses prédateurs

Les larves du rhinocéros sont parasitées par la plus grande guêpe d’Europe, la grande scolie à front jaune (Megascolia maculata). Cette guêpe est très impressionnante mais ne pique pas.
La femelle cherche les larves de rhinocéros qu’elle paralyse, puis elle creuse une chambre autour de la larve de rhinocéros et pond ensuite un œuf sur celle-ci. La larve de la scolie dévore la larve de rhinocéros en quelques semaines puis se nymphose et attend l’été pour éclore et s’envoler.

L’adulte du scarabée rhinocéros a pour prédateurs les rapaces nocturnes et les petits mammifères carnivores.

Protection

Pas de statut de protection particulier.

Le saviez-vous ?

Le dynaste hercule : Chez les espèces tropicales de cette sous-famille des Dynastinés, l’apparence du mâle est encore plus étonnante ; l’un des plus grands coléoptères du monde, le dynastes hercules mesure jusqu’à 15 cm de long et vit aux Antilles et en Amérique du Sud. Il porte sur le pronotum (thorax) une longue corne plus longue que la tête, pointée vers l’avant.

Un prédateur dans les pays tropicaux : L’Oryctes nasicornis vit dans le bois mort sans causer de dégâts aux cultures en Europe ; par contre dans les pays tropicaux la larve de ce même insecte peut devenir un sérieux ravageur de palmiers et cocotiers.

Bon pour le compost : On trouve souvent dans le compost des larves de scarabées comme le hanneton ou le rhinocéros ; avec d’autres acteurs comme le cloporte, le mille-pattes, le ver de terre, les bactéries… ils sont les artisans du compost. On peut donc dire que le rhinocéros est un insecte utile sans aucune réserve dans nos pays européens.

Dynaste hercule
Le dynaste herculePhotographie © Mashku
(Creative Commons, no changes)
Rossignol philomèle

Rossignol philomèle

Luscinia megarhynchos

Classification

Le Rossignol philomèle (Luscinia megarhynchos) fait partie de la famille des Turdidés (Turdidae).

Comment le reconnaître

C’est un oiseau de taille moyenne à la queue relativement longue, mesurant 16cm de long (de la pointe du bec à l’extrémité de la queue) pour une envergure de 25 cm. Ses longues pattes sont de couleur rosé, et son bec est brun et assez fin. Ses yeux noirs sont rehaussés d’un léger cercle orbital blanchâtre.
Chez les adultes, le dessus du corps est brun roux uni, la queue est d’un roux marron plus vif, et le dessous du corps gris-clair brunâtre. Mâle et femelle sont d’ailleurs semblables.
Les jeunes sont eux tachetés comme de nombreux Turdidés.

Comportements

Le Rossignol philomèle est un oiseau migrateur, qui va hiverner en Afrique au sud du Sahara. Il parcourt ainsi une distance qui peut varier de 2500 à 5500 km. Sa migration post-nuptiale s’effectue de la fin du mois d’août au début d’octobre, et son retour sur les lieux de nidification se fait, en France, en moyenne à la mi-avril.
C’est un oiseau de l’ombre qui, à l’intérieur de son territoire, pratique surtout des vols courts et bas, passant d’une zone ombragée à une autre. Même ses migrations sont nocturnes !
Rossignol philomèle

Chant
Il chante le jour comme la nuit, généralement caché dans les buissons.
Son chant est puissant, riche et musical, avec des répétitions de notes ; on décèle des motifs typiques : tio-tio-tio-tio bas, gloussant, et lent crescendo flûté tiou-tiou-tiou-tiou. Il comporte aussi des sons gutturaux moins harmonieux (selon les individus).
Ses cris, généralement motivés par l’inquiétude, sont : un houit liquide, un tac sonore, un teux doux et très bref, et sinon un karrr rauque d’alarme.


Rossignol philomèle: 4 chants (Son © Sonothèque du MnHn)

Reproduction et nidification

Dès son retour de migration, le mâle défend son territoire ; une femelle le rejoint et construit en quelques jours le nid.

Le nid est soigneusement dissimulé dans des orties, des ronces ou du lierre, au sol ou à proximité, toujours dans un endroit sombre. Il est généralement fait d’une coupe profonde de feuilles mortes, tapissée de petites herbes et de crin. La ponte, qui a lieu en mai, comporte 4 ou 5 œufs de couleur vert olive qui sont couvés par la femelle pendant 13-14 jours. Comme chez tous les Turdidés, les oisillons quittent le nid très jeunes mais sont encore nourris pendant plusieurs jours par leurs parents.

Distribution et habitat

On trouve le Rossignol philomèle presque partout en France sauf en altitude (en général au-delà de 1000m) et très rarement dans la partie ouest de la Bretagne.
Comme c’est une espèce migratrice, elle passe les mois d’hivers au chaud, en Afrique tropicale (entre le Sahara et l’Équateur), et se reproduit dans les parties moyennes et méridionales de l’Europe de l’Ouest et dans les pays du Maghreb en été.

L’habitat principal du Rossignol philomèle est fait d’épais buissons au feuillage dense jusqu’au sol comme les taillis de feuillus, les fourrés et les haies. On peut le retrouver aussi dans les milieux boisés ombragés.
Il passe néanmoins le plus clair de son temps sur le sol couvert de branches et de litières où il est protégé par des buissons au feuillage dense. On le trouve souvent à proximité de l’eau, mais il affectionne également les garrigues et les maquis particulièrement secs des zones méridionales.

Comment se nourrit-il ?

Le régime alimentaire du Rossignol philomèle est composé de petits invertébrés généralement trouvés au sol, sous la litière des feuilles. Il s’agit principalement d’insectes, surtout de Coléoptères, mais aussi de chenilles, de fourmis,… – et parfois d’araignées, de lombrics,… Il se nourrit également de baies (surtout des baies de sureau) et de fruits tendres vers la fin de l’été, juste avant de migrer vers le Sud.

Menaces

La principale menace pour le Rossignol philomèle est la régression de son habitat (bosquets, haies, lisières boisées réduits à causes des pratiques agricoles) et la diminution de ses proies en lien avec l’utilisation massive d’insecticides.

Rossignol philomèle
Le Rossignol philomèle (Photographie © Sébastien Bertru, Creative Commons, no changes)

Protection

L’espèce est protégée aussi bien au niveau national et qu’international (inscrite à l’annexe II de la Convention de Berne).
Elle est classée au statut « Préoccupation Mineure » (LC) par l’UICN, et n’est donc pas considérée comme une espèce en danger.

Le saviez-vous ?

Le mot « rossignol » date du XIIe siècle et vient de l’ancien provençal rossinhol (le terme vient lui-même du latin lusciniola qui signifie « petit rossignol »).
Il est avec le temps devenu polysémique, désignant en plus de l’oiseau :

  • un maître-chanteur dans l’argot de la police
  • un crochet pour forcer les serrures (à cause du grincement de l’intrusion, à rapprocher des cris parfois grinçants du rossignol)
  • le sifflet des maîtres d’équipage dans la marine
  • un article que l’on n’arrive pas à vendre et que l’on place sur la plus haute étagère chez les commerçants
Tortue d'Hermann

Tortue d’Hermann
[Partie 2]

Testudo hermanni

Quels sont ses prédateurs ?

Grâce à sa carapace, une Tortue d’Hermann qui arrive à dépasser les 7 premières années de son existence, sera en moyenne suffisamment protégée pour n’avoir presque aucun prédateur (sauf les hommes qui les retirent de leur milieu naturel pour les mettre dans leur jardin ou les chiens domestiques qui peuvent les blesser avec leurs crocs ou même les ronger).
Les œufs sont eux fortement sujets à la prédation, principalement par les fouines. Les jeunes sont notamment la proie d’oiseaux (Corneille noire, Goéland leucophée), des renards, mais également des chiens. Les sangliers, par leurs activités de recherche alimentaire – fouissage-, peuvent entrainer de gros dégâts sur les sites de ponte.

Protection

La Tortue d’Hermann est gravement menacée de disparition par la sévère dégradation de son environnement naturel (urbanisation, grands incendies, réseaux dense de circulation routière, monoculture et intensification des pratiques agricoles) et la prédation (ramassage, chiens).

Elle est protégée aussi bien au niveau national qu’international (Annexe A et B de la Convention CITES, CEE ; Annexe II et III de la Convention de Berne ; Annexe II et IV de la Directive européenne Habitats-Faune-Flore). En France métropolitaine l’espèce est classée vulnérable (VU) dans la liste rouge nationale des amphibiens et reptiles de France métropolitaine. Les populations varoises sont classées en danger (EN).
Différents acteurs du monde naturalistes et scientifiques, tels que le Centre de Recherches et de Conservation des Chéloniens (CRCC) de la Station d’Observation et de Protection des Tortue

et de leurs Milieux (SOPTOM) à Gonfaron (83, http://www.villagetortues.com/), le laboratoire d’Ecologie et Biogéographie des Vertébrés de l’université de Montpellier ou encore le Conservatoire d’Espaces Naturels de la région PACA (CEN PACA), tentent de sauvegarder la Tortue d’Hermann au travers d’actions de sensibilisation du grand publique et d’études scientifiques.
Un programme européen Life+ concerne également la Tortue d’Hermann : http://www.tortue-hermann.eu/

Le saviez-vous ?

Si l’éclosion d’un œuf de Tortue d’Hermann n’a pas lieu avant l’arrivée de la saison froide, les petits peuvent hiberner à l’intérieur même de l’œuf et ne sortir qu’au printemps suivant.
Les juvéniles peuvent rester plusieurs années sur les sites de ponte, ce qui en fait des secteurs primordiaux pour la conservation de l’espèce.

La Tortue d’Hermann, espèce sédentaire, fait preuve de fidélité à son domaine vital, un espace d’environ 2 ha, sur lequel elle restera bien souvent toute sa vie. Ses déplacements journaliers ne sont par ailleurs que de 80 mètres en moyenne.

Tortue d'Hermann

Tortue d’Hermann
[Partie 1]

Testudo hermanni

Classification

L’espèce Testudo hermanni fait partie de la famille des Testudinés (Testudinidae).

Comment la reconnaître

La Tortue d’Hermann est la seule espèce de tortue terrestre de France. Elle mesure généralement de 15 à 20 cm, et possède une carapace très bombée de couleur ocre-jaune et noire.
Ses membres antérieurs possèdent 5 griffes utiles pour creuser, alors que ses membres postérieurs en possèdent 4.
Notamment grâce à son écaille supracaudale double et à la présence d’un éperon corné au bout de sa queue, on la distingue des autres espèces du même genre.

Il y a plusieurs moyens de distinguer le mâle de la femelle chez l’adulte : le mâle est notamment de taille inférieure et a un plastron légèrement concave, alors qu’il est plat chez la femelle, et la queue du mâle est plus longue et plus grosse.
Tortue d'Hermann légendée

Comportements

Dans les Maures, les Tortues d’Hermann hibernent de la mi-novembre à la mi-mars, dans un petit trou qu’elles creusent généralement au pied d’un buisson à une profondeur de 20 cm environ. Sa température se stabilise entre 10 et 12 C°.

Elles sont alors en phase léthargique pendant 6 mois en attendant le retour de la saison. L’élévation de la température extérieure détermine le moment du réveil de la Tortue qui peut être précoce ou tardif selon les années. –Pour être complètement réveillée, elle a besoin de 8 à 10 jours au bout desquels elle prendra ses premiers repas.
C’est une espèce diurne, elle se réchauffe au soleil pour retrouver une température interne aussi proche que possible de 28C°. Mais pendant les heures les plus chaudes de la journée , elle se réfugie à l’ombre. Elle est globalement plus active le matin et le soir. L’été, si les températures sont trop élevées, elle peut ne plus être active du tout.

Reproduction

La saison de reproduction commence peu après le réveil léthargique et se poursuit pendant toute la saison d’activité. Le mâle ne peut s’accoupler que vers l’âge de 8-10 ans, et la femelle ne peut procréer que vers sa 12e ou 13e année.

L’accouplement est précédé de comportements ritualisés. Le mâle, après avoir reconnu la femelle à l’odeur, va faire connaissance avec elle par de petits contacts au niveau de la tête et des membres. Puis, après quelques percussions avec sa carapace, il mord les pattes de la femelle avant de tenter de lui grimper dessus par l’arrière. L’accouplement est accompagné de petits cris aigus que l’on peut entendre à plusieurs dizaines de mètres (l’éperon corné présent sur la queue du mâle est utilisé pour stimuler la femelle). La femelle peut s’accoupler avec plusieurs mâles et retenir les spermatozoïdes du mâle qui resteront en attente dans sa spermatèque 2 ou 3 ans.

La ponte a lieu principalement en mai et en juin. Les femelles les plus âgées peuvent pondre deux à trois fois dans la même saison, à une vingtaine de jours d’intervalle. Elles creusent un petit trou pour y déposer 2 à 5 œufs. Dans les Maures, les petits naissent au bout de 90 jours d’incubation entre fin août et octobre, suite aux épisodes pluvieux de fin d’été.

Les juvéniles qui ont échappé à leurs prédateurs (entre 1 et 5%) pèsent environ 10g et mesurent un peu plus de 3 cm. Une fois adulte leur poids sera 150 fois plus élevé.

Distribution et habitat

On trouve la Tortue d’Hermann dans le sud de l’Europe, plus particulièrement dans le nord du pourtour méditerranéen, du sud-est de l’Espagne (niveau des Baléares) à la côte ouest de la Mer Noire. En France on ne la trouve plus que dans le Var, principalement dans la Plaine des Maures, ainsi qu’en Corse. C’est la seule tortue terrestre originaire de France.

La Tortue d’Hermann occupe des zones de maquis en mosaïque sur lesquelles on trouve des pelouses ouvertes. On peut également la rencontrer dans des forêts plus ou moins claires, dans les dunes sur la cote, mais aussi dans des pâtures ou des zones de culture où le travail de la terre est peu mécanisé. En effet, la Tortue d’Hermann fuit les secteurs où l’activité humaine est trop importante

, elle adore par exemple les vignes en friche.

Comment se nourrit-elle ?

Le régime alimentaire de la Tortue d’Hermann est en grande partie herbivore, de préférence riche en fibres et en calcium. Mais il arrive qu’elle consomme des limaces, des petits invertébrés et des fèces.

La Tortue d'Hermann
Femelle de Tortue d’Hermann

Bibliographie – Ouvrages

BÄRTELS (Andreas), Plantes du bassin méditerranéen, Eugen Ulmer, 1997
BLAMEY (Marjorie), GREY-WILSON (Christopher), La flore d’Europe occidentale, Flammarion, 2003
BOCK (Christian), Le Guide des Plants Sauvages, Sélection du Reader’s Digest, 1987
BOULLARD (Bernard), Dictionnaire des plantes et des champignons, ESTEM, 1997
BREMNESS (Leslev), Plantes aromatiques et médicinales, Larousse, 1994
BURNIE (David), Fleurs de Méditerranée, Larousse, 1995
CHEERS (Gordon), PAGE (Susan), OLDS (Margaret)(.dir), Botanica : Encyclopédie de botanique et d’horticulture, Plus de 1000 plantes du monde entier, Könemann, 1999
CHINERY (Michael)(.dir), Faune et flore de France et d’Europe, Flammarion, 2002
CLINTOCK (D. Mac), FITTER (Richard), FARVAGER (S. & C.), Guide des plantes à fleurs, Delachaux et Niestlé, 2005

EYSSARTIER (Guillaume), GUILLOT (Gérard), L’indispensable guide de l’amoureux des fleurs sauvages, Belin, 2016
FITTER (Richard), FITTER (Alastair), BLAMEY (Marjorie), Guide des fleurs sauvages, Delachaux et Niestlé, 1976 (1er éd.), 2011
FLETCHER (Neil), Fleurs de Méditerranée, Larousse, 2011
FOUCAULT (Alain)(.dir), A la cueillette des Plantes sauvages utiles, Dunod, 2013
GAMISANS (Jacques), Flore des maquis et des végétations associées de Corse, Bilnet, 2014
GREY-WILSON (Christopher), Fleurs Sauvages, Larousse, 1994
GREY-WILSON (Christopher), Toutes les fleurs de Méditerranée, Delachaux et Niestlé, 1993
POLUNIN (Oleg), HUXLEY (Anthony), Fleurs du bassin méditerranéen, Fernand Nathan, 1967
ROMAGNESI (Henri), WEILL (Jean), Fleurs sauvages de France et des régions limitrophes, Bordas, tome 1 et 2, 1977
SAULE (Marcel), La grande flore illustrée des Pyrénées¸ Rando, 2002

CHÖNFELDER (P. et L.), Flore du Bassin méditerranéen, Vigot, 2004
THEVENIN (Thierry), Les plantes sauvages, Lucien Souny, 2008
TOMANOVA (Eliska), Atlas Illustré des Plantes Sauvages, Terres éditions, 2013
VIGNES (Pierre), VIGNES (Délia), L’herbier des plantes sauvages, Larousse, 2007

En plus

COUPLAN (François), Le régal végétal : plantes sauvages comestibles, Sang de la Terre, 2009

Bibliographie numérique

Inventaire National du Patrimoine Naturel

Liste rouge des Orchidées de France métropolitaine

Tela Botanica (utilisé comme base de données source par l’INPN pour la taxonomie de nombreuses espèces végétales)

Bruyère à Balais

Erica Scoparia

Famille

La bruyère à balais fait partie de la famille des Ericacées (Ericaceae) qui appartient à l’ordre des Ericales.

Comment la reconnaitre ?

C’est un arbuste fin dont la hauteur varie entre 2,5 et 6 mètres. Ses nombreuses branches sont glabres dans leurs parties supérieures, grêles et rapprochées en forme de balais.
Ses feuilles ressemblent à des aiguilles (aciculaires). Elles se présentent par 3 ou 4 en verticilles, mesurent 4 à 6 mm de long et sont un peu brillantes. Elles ont leur bord fortement enroulé et la face inférieure, qui est marquée de deux sillons longitudinaux.
Les fleurs de la Bruyère à balais sont plutôt petites, groupées par 1 à 3 à la base des feuille

et forment une inflorescence allongée étroitement cylindrique. Chaque fleur possède 4 sépales jaunâtres faisant de 0,5 à 1,5 mm de haut formant le calice, ainsi qu’une corolle en grelot terminée par 4 pointes ovoïdes de couleurs blanchâtre (pétales soudés). Cette corolle mesure de 1,5 à 3 mm de long. Le pistil se termine par un stigmate sphérique, le plus souvent rouge, dépassant la corolle. Enfin, les 8 étamines, aux anthères marron une fois ouvertes, sont enfermées dans la corolle.
Les fruits de la Bruyère à balais sont des capsules à 4 valves renfermant de nombreuses graines.
Bruyère à balais fleur légendée

Floraison, pollinisation, dissémination

La floraison va de mai à juillet.
La pollinisation se fait grâce aux insectes (entomogame) attirés par le nectar des fleurs.
La dissémination de ses graines se fait par la gravité (barochore).

Lieux de vie

On retrouve la Bruyère à balais dans la région méditerranéenne occidentale, de l’Espagne jusque dans l’est de Italie, ainsi qu’aux Canaries et en Afrique-du-Nord. Elle remonte sur la façade atlantique jusqu’à la Loire.
Elle croit sur des sols siliceux, ou pauvres en calcaire, relativement épais et retenant bien l’eau (ou régulièrement humides) à basse altitude. Ainsi elle apprécie les milieux comme les bois clairs, les landes et le maquis.

Statut de protection

La Bruyère à balais ne bénéficie pas d’un statut international de protection. Cependant, en France elle peut être localement sujette à différents statuts de protection (elle est sur la liste des espèces végétales protégées en région Île-de-France : Article 1 ou en région Limousin : Article 3).

Le saviez-vous ?

La Bruyère à balais est aussi appelée Bruyère des landes ou Bruyère des bois.
La Bruyère, toutes espèces confondues, est très utilisée pour chauffer les fours car elle produit un feu vif qui chauffe bien. Par le passé, on l’utilisait en Allemagne où elle était transformée en thé et où les têtes fleuries de Bruyère commun (Calluna Vulgaris) pouvaient être utilisées dans la fabrication de la bière lorsque le houblon se faisait rare.

La Bruyère
arborescente

Erica arborea

Famille

La bruyère arborescente fait partie de la famille des Ericacées (Ericaceae) qui appartient à l’ordre des Ericales.

Comment la reconnaitre ?

La Bruyère arborescente est l’une des plus grandes bruyères d’Europe. C’est un arbuste d’une hauteur de 1 à 4 mètres pouvant atteindre 15 m au maximum aux Canaries. Elle est très ramifiée. Ses rameaux âgés sont ligneux et lisses alors que les jeunes rameaux sont couverts d’une pubescence blanche à l’apparence laineuse.

L’arbuste possède une écorce brun-rouge fragile se délitant en lanières qui tombent.

Son feuillage est de type persistant. Les feuilles sont aciculaires (ressemblant à des aiguilles) à bords finement denté, mesurent de 3 à 5 mm de long, verticillées par 3 ou 4. Elles sont de couleur vert plus ou moins foncé, glabres, marquées d’un sillon sur la face inférieure, leur bord est enroulé sur cette même face.

La Bruyère arborescente possède de petites fleurs au parfum assez prononcé, poussant en denses bouquets qui forment une inflorescence pyramidale. La corolle blanche mesure de 2,5 à 4 mm, elle est formée de 4 pétales soudés en forme de cloche (campaniforme), à lobes pointus ; elle est dépassée en au centre de la fleur par un stigmate rouge. Le calice à 4 sépales est quant à lui de couleur blanc-rose. Les anthères de ses 8 étamines sont enfermées à la base dans la fleur, elles sont brun foncé.

Les fruits ont une forme de capsule renfermant de nombreuses graines.

Bruyère arborescente fleur légendée

Floraison, pollinisation, dissémination

La floraison va de mars à mai.
La pollinisation se fait grâce aux insectes (entomogame) attirés par le nectar des fleurs.
La dissémination des graines se fait par la gravité (barochore).

Lieux de vie

On la retrouve dans tout le bassin méditerranéen et aux Canaries.
Elle affectionne les sols assez épais du haut maquis, mais aussi les forêts claires à feuillage persistant (sempervirentes), et apprécie surtout les sols acides. C’est une plante calcifuge qui trouve souvent son plein développement sous l’ombre protectrice des chênes-lièges ou des chênes vert.

Statut de protection

La Bruyère arborescente ne bénéficie d’aucun statut de protection en France.

Le saviez-vous ?

La Bruyère arborescente est aussi nommée la brusc-mascle et la broussoaubre.
On l’appelle aussi zurikatxa ou txilarzuria en basque, brezoblanco en aragonais, bruche en occitan et brucboal en catalan.
Les rameaux de cette espèce commune servent à fabriquer des manches à balais. De même, le bois rougeâtre des racines facile à polir est célèbre pour son utilisation dans la fabrication de pipes de bruyères grâce à sa résistance au fendage et à son bon goût, même en cas d’utilisation prolongée. La ville de Cogolin est célèbre pour cet artisanat.

Ciste ladanifère

Le Ciste ladanifère

Cistus ladanifer

Famille

Le Ciste ladanifère fait partie de la famille des Cistacées (Cistaceae).

Comment le reconnaitre ?

C’est un arbuste persistant touffu qui mesure jusqu’à 2,5 m de hauteur.
Il possède des feuilles vertes foncées étroites, lancéolées, mesurant 8 cm de longueur au plus, à pétiole très court. Leur partie supérieure brillante est visqueuse et parfumée, alors que la face inférieure est un peu duveteuse.
Le Ciste ladanifère présente des fleurs solitaires de grande taille (10 cm de diamètre au plus) possédant 5 sépales blanches, à base jaune et avec en général 5 macules pourpres en cercle vers la base des sépales. Les styles sont très courts.
Son fruit est une capsule composée de 6 à 10 loges au maximum.

Floraison, pollinisation, dissémination

La floraison va d’avril à juin.
La pollinisation se fait grâce aux insectes (entomogame) attirés par le nectar des fleurs.
La dissémination de ses graines se fait par le transport sur le plumage ou le pelage des animaux (épizoochore).
Ciste ladanifère légendé

Lieux de vie

On retrouve le Ciste ladanifère dans le Sud-Ouest de l’Europe (péninsule ibérique et sud de la France), dans le Nord de l’Afrique et aux Canaries.
Il croit principalement sur des sols acides. Il affectionne particulièrement les coteaux secs, les maquis et les pinèdes claires.

Propriété médicinale et/ou utilisation

Le Ciste ladanifère produit une résine aromatique visqueuse appelée ladanum. Pour le récolter, on cueille des branches feuillues que l’on fait bouillir, la résine montant à la surface de l’eau. Après distillation, le produit à l’odeur forte ainsi obtenu est utilisé comme fixatif de parfums, dans les savons, les cosmétiques et les désodorisants (il peut remplacer l’ambre gris en tant que fixatif). Il possède également des propriétés insecticides.

Statut de protection

Le Ciste ladanifère a le statut « Quasi menacé» (NT) en France métropolitaine selo

la classification de la liste rouge de l’UICN, il est donc considéré comme une espèce proche du seuil des espèces menacées ou qui pourrait être menacée si des mesures de conservation spécifiques n’étaient pas prises.

Ciste ladanifère photo
Ciste ladanifère (Photographie © Joan Simon, Creative Commons, no changes)

Le saviez-vous ?

Le Ciste ladanifère est aussi appelé Ciste à gomme.
La ladanum de diverse espèces de cistes se récoltait autrefois sur la toison des chèvres au pâturage.

Coquelicot_1200PX

Grand coquelicot

Papaver Rhoeas

Famille

Le Grand coquelicot fait partie de la famille des Papavéracées (Papaveraceae) qui appartient à l’ordre des Papaverales.

Comment le reconnaitre ?

C’est une plante annuelle héliophile qui peut atteindre 1m de haut mais mesure généralement entre 20 et 60cm. Elle est souvent ramifiée.
Les feuilles, grandes, de couleur vert foncé, de forme pennatilobée (feuille composée divisée en lobes) et dentées, sont alternes, ont un pétiole droit couverte de poils et se développent de la base au sommet, mais celle du sommet sont sessiles (sans pétiole).

La fleur, grande (entre 75 et 100 mm de diamètre), est solitaire à l’extrémité de longs pédoncules verts couverts de poils étalés.

Précisons que lorsque cette tige est blessée, celle-ci produit un latex blanc. Le calice vert est pubescent et constitué de deux sépales caducs. La fleur présente 4 pétales rouge écarlate arrondis, d’aspect frippé, qui sont souvent tachés de noir à la base. Les étamines sont noires et très nombreuses. Le pistil est quant à lui arrondi à la base et le stigmate possède généralement une dizaine de lobules (5 à 18).
Les fruits du Grand coquelicot sont des capsules obovales sèches, lisses et glabres, contenant de nombreuses graines noires minuscules.

Coquelicot légendée
Le Grand coquelicot

Floraison, pollinisation, dissémination

Sa floraison va de mai à septembre.
Sa pollinisation se fait grâce aux insectes (entomogame) attirés par les couleurs vives et le pollen produit par les nombreuses étamines.
La dissémination de ses graines se fait au gré du vent (anémochore).

Lieux de vie

On trouve le Grand coquelicot notamment dans l’ensemble de l’Europe centrale et méridionale, dans les îles britanniques, en Asie non septentrionale et en en Afrique du nord. Il est commun dans toute la France.
Il apprécie principalement les cultures, les terres arables, les friches, les pelouses fraiches, les jardins, les décombres et les bords de chemins et de routes.

Propriété médicinale et/ou utilisation

Le Grand coquelicot est une espèce du genre Pavot (Papaver), et comme tous les pavots ses pétales contiennent des substances alcaloïdes aux propriétés antitussives et sédatives.
De plus, une fois séchés, les pétales peuvent être utilisés en tisane ou en sirops aux vertus légèrement somnifères, ou en composant de soupes. Par ailleurs, on peut aussi les utiliser en teinture pour donner une couleur gris violacé. Ils sont aussi considérés comme l’un des plus vieux fards à joues ou rouge à lèvres naturels, simplement écrasés comme c’est encore parfois l’usage chez certaines femmes berbères de l’Atlas.

Les graines de la plante peuvent servir à aromatiser des pains (ou toute autre préparation culinaire), et on peut également en faire une huile riche en acides gras poly-insaturés.

Précisons que c’est à partir d’autres espèces de pavots, au pouvoir narcotique beaucoup plus puissant, que l’on extrait l’opium.

Statut de protection

L’espèce se trouve sur la liste rouge européenne des espèces menacées de l’UICN et a le statut « Préoccupation mineure » (LC), elle est donc considérée comme une espèce pour laquelle le risque de disparition en Europe est actuellement faible.

Le saviez-vous ?

Le Grand coquelicot porte aussi le nom de Garouselle et pavot rouge.
Du fait de la forte présence de grands coquelicots sur les champs de bataille de la Première Guerre mondiale en Flandre, cette plante dont la fleur est de couleur rouge sang, est devenue dans les pays anglo-saxons le symbole des soldats tombés au champ d’honneur (le « poppy »). Pour les soldats français l’emblème est le bleuet.

Iris nain

Iris nain

Iris lutescens

Famille

L’Iris nain fait partie de la famille des Iridacées (Iridaceae) qui appartient à l’ordre des Asparagales.

Comment le reconnaitre ?

C’est une plante vivace de type géophyte possédant un rhizome horizontal pourvu de racines denses et ramifiées. Elle mesure en général 30 cm de haut.
Ses feuilles sont en forme de glaive, faiblement arquées, vertes, semi-persistantes et mesurent 12 à 22 mm de large pour une longueur souvent nettement inférieure à la tige.
L’iris nain est une plante à tiges simples arborant 1 à 2 fleurs par individu. Chaque fleur possède une spathe verte, membraneuse et assez lâche.

La fleur, peu odorante, peut être violette, jaune, violette tachetée de jaune ou blanchâtre en de rares cas. Elle possède 3 sépales « pétaloïdes » (ressemblant à des pétales), qui tombent vers l’extérieur, à barbe centrale d’étamines.
Elle arbore également 3 pétales dressés qui protègent 3 styles ressemblant à des pétales fendus et sous lesquels sont cachées les étamines. Sépales et pétales mesurent chacun 5 à 7,5 cm de long pour 2 à 4 cm de large.
Le fruit est une capsule à 3 loges qui contiennent les graines de couleur marron et en forme de poire (piriforme).

Iris nain légendé
Iris nain

Floraison, pollinisation, dissémination

Sa floraison va de mars à mai.
Sa pollinisation se fait grâce aux insectes (entomogame) attirés par les couleurs vives et le nectar des fleurs. L’autofécondation est par contre rendue difficile par la présence d’un repli qui se rabat pour protéger le stigmate lorsqu’un insecte se meut dans la fleur de bas en haut.
La dissémination de ses graines se fait au gré du vent.

Lieux de vie

On trouve l’Iris nain en Italie, dans le nord de l’Espagne et du Portugal, et dans le sud-est de la France en dessous de 1000 m d’altitude. Il apprécie principalement les bois clairs, les coteaux, le maquis, les garrigues, les prairies rases et les lieux rocailleux (préférence pour le grès et le calcaire).

Statut de protection

L’espèce se trouve sur la liste rouge européenne des espèces menacées de l’UICN et a le statut « Préoccupation mineure » (LC), elle est donc considérée comme une espèce pour laquelle le risque de disparition en Europe est actuellement faible.

Le saviez-vous ?

L’Iris nain peut aussi être appelé Iris jaunâtre ou Iris des garrigues.
Le terme Iris vient du nom de la déesse grecque messagère des dieux, Iris, qui laissait un arc-en-ciel en descendant de l’Olympe vers la Terre pour porter un message, et fait donc référence aux différentes couleurs que les fleurs d’Iris peuvent avoir.

Bienfaits des rhizomes d’Iris : les rhizomes de différentes espèces d’Iris (notamment les espèces germanica, florentina et pallida) sont utilisés depuis l’Antiquité pour aromatiser les plats et les alcools, ou simplement comme masticatoire grâce au parfum de violette qu’ils acquièrent en séchant. On l’utilise également dans les cosmétiques pour son odeur, son pouvoir hydratant et ses capacités astringentes douces.
Dans toute autre mesure, les rhizomes d’Iris pseudacorus furent pendant longtemps utilisés comme vomitif, diurétique et vermifuge.

Lavande stéchade

La Lavande
stéchade

Lavandula Stoechas

Famille

La Lavande stéchade fait partie de la famille des Labièes (Labiatae) qui appartient à l’ordre des Lamiales.

Comment la reconnaitre ?

Il s’agit d’un arbrisseau faisant généralement de 30 à 60 cm de hauteur mais atteignant parfois les 1 m, dont les tiges sont très ramifiées. La plante est poilue à rameaux dressées et à tige quadrangulaire.
Ses feuilles semi-persistantes sont de forme linéaire-lancéolée, opposées, mesurant de 1 à 4 cm de long, de couleur gris-vert et poilues sur les 2 faces.
Ses fleurs, en forme de trompette et assez peu odorantes, sont en épis terminaux compacts de couleur pourpre-violet.

Chaque épi est surmonté de grandes bractées violettes claires (rarement blanches) oblongues faisant de 10 à 50 mm de long. Un épi mesure 2 à 3 cm de long, a 4 angles qui présentent chacun 6 à 10 fleurs. La corolle à 2 lèvres de chaque fleur mesure 7 mm de long, alors que le calice qui mesure lui 5 mm de long est à 13 nervures. Enfin chaque fleur a 4 étamines dont 2 plus courtes.
Lavande stéchade légendée

Floraison, pollinisation, dissémination

La floraison va de mars à juin.
La pollinisation se fait grâce aux insectes (entomogame) attirés par le nectar des fleurs.
La dissémination de ses graines se fait par la gravité (barochore).

Lieux de vie

On retrouve la Lavande stéchade dans toute la région méditerranéenne, mais elle est souvent cultivée en dehors de son aire d’indigénat.
Elle croit généralement sur les sols acides et siliceux, et affectionne les lieux rocailleux, les garrigues, les maquis clairs, les bords de chemins et les pinèdes.

Propriété médicinale et/ou utilisation

Les lavandes sont des plantes horticoles et médicinales très anciennes. Elles sont actuellement fortement cultivées pour la fabrication d’huiles essentielles utilisées dans l’industrie du parfum (surtout la Lavande vraie) et pour leurs propriétés médicinale.
La Lavande stéchade entre dans la pharmacopée traditionnelle comme plante dépurative et détoxifiante. Son huile essentielle peut être utilisée comme anti-bactérien pour lutter contre les otites, les otites séreuses et otites bactériennes. Elle peut aussi s’utiliser pour aider à lutter contre les encombrements respiratoires chroniques et importants.

Statut de protection

La Lavandula stoechas ne bénéficie d’aucun statut international de protection.

Lavande stéchade
Lavande stéchade (Photographie ©nutmeg66, Creative Commons, no changes)

Le saviez-vous ?

La Lavande stéchade est aussi nommée Lavande à toupet, Lavande des Maures ou encore Lavande papillon en raison de la forme des bractées qui se trouvent au sommet de chaque épi floral.
L’origine du nom stoechas proviendrait, selon Dioscoride et Pline, des îles d’Hyères, où elle est abondante. Mais il est aussi possible que cela vienne directement du grec stoichados qui signifie aligné, comme le sont les fleurs dans l’épis, et comme le sont aussi les îles d’Hyères.

ophrys noir

Ophrys noir

Ophrys incubacea
(ou Ophrys atrata)

Origine du nom

L’origine du terme Ophrys est
assez mystérieuse. Le mot
en lui-même viendrait du grec ophrus signifiant « sourcil », une allusion au labelle (3e pétale inférieur des orchidées, de couleur et de forme particulière) velue de la fleur.
Le terme incubacea fait quand à lui référence au mot latin incubus qui désigne un « incube », c’est-à-dire un démon (à mettre en rapport avec la couleur sombre-noire de la fleur) mâle qui profitait de la nuit pour abuser des humaines.

Noms vernaculaires

Ophrys noir, ophrys noirâtre ou ophrys
de petite taille.

Classification

L’ophrys noir fait partie du genre des Ophrys qui fait lui-même partie de la famille des Orchidées (Orchidaceae).
L’ophrys noir

Comment le reconnaitre ?

Cette plante vivace est de type géophyte (possédant un tubercule lui permettant de passer la mauvaise saison enfouie dans le sol), de taille plutôt modeste (10 à 40 cm au plus) et à tubercule oval dépourvu de poil.
Ses feuilles sont étalées au sol et en forme
de lance.

La plante pousse en épi lâche de 3 à 8 fleurs. Et chaque fleur a derrière elle une bractée.
Les 2 pétales supérieurs, en forme de trapèze arrondi aux bords, larges de 3 à 6 mm au plus, sont à bords parfois rouges ondulés. Les 3 sépales sont eux plus grands, et en forme de lance. Le tout forme un ensemble de couleur vert clair.
Le labelle est brun-noirâtre ou pourpre, long de plus de 10 mm, large et oval, et formé de 3 lobes.
Il est bordé de poils longs et denses, et est souvent entaillé au sommet. Il possède enfin un motif dessiné sur le dessus (macule)
en forme de H.

Particularité : la fleur possède des pseudo-yeux ainsi qu’une petite colonne allongée droite (gynostème), lien des organes sexuels mâle et femelle qui se situent au centre de la fleur.

ophrys noir - légendé

Floraison, pollinisation, dissémination

Sa floraison va d’avril à juin.
Sa pollinisation se fait grâce à des insectes.
Et la dissémination de ses graines se fait
au gré du vent.

Point crucial pour la plante : Comme toutes les orchidées, les minuscules graines contenues dans la capsule qui forme le fruit, donneront d’autres plantes mais devront être associées à un champignon pour pouvoir germer.

Lieux de vie

On trouve l’ophrys noir dans toute la zone méditerranéenne européenne (du Portugal à la Croatie). En France on le localise essentiellement sur la côte méditerranéenne.
Il apprécie principalement les lieux secs et herbeux comme les prairies, les pelouses et maquis, les garrigues et les bois clairs. La Plaine des Maures fait partie des milieux favorables à l’épanouissement de l’ophrys noir.

Propriété médicinale et/ou utilisation

Dans l’Antiquité, si l’on en croit Pline l’Ancien (Histoire Naturelle, XXVI), l’Ophrys noir pouvait servir pour se teindre les cheveux en noir.
Actuellement, l’Ophrys noir n’est pas consommé spécifiquement, mais les tubercules de différentes espèces d’Ophrys étaient jusqu’à récemment utilisés en Bosnie pour préparer des bouillies et des galettes. Ces tubercules peuvent aussi être utilisés en Turquie pour la fabrication du « salep » (voir fiche sérapias langue).

Statut de protection

L’espèce a le statut « Préoccupation mineure » (LC) en France métropolitaine selon la classification de l’UICN, elle est donc considérée comme une espèce pour laquelle le risque de disparition en France est actuellement faible.
Liste rouge des espèces menacées en France, Orchidées de France métropolitaine.

Le saviez-vous ?

Un certain nombre d’ophrys, sinon tous, exercent sur les insectes mâles de certaines espèces (de l’ordre des Hyménoptères) une attirance d’ordre sexuel. L’insecte se pose sur la fleur et, après avoir essayé toutes les orientations possibles, s’installe en position d’accouplement dans l’axe de la fleur.
Ce comportement est dû à l’aspect zoomorphe de la fleur et au fait que la fleur semble produire des substances chimiques odorantes analogues à celles que dégagent les insectes femelles. C’est ainsi que les insectes mâles sont attirés par l’ophrys noir.

Ophrys noir
L’ophrys noir (Photographie © Lingouvernable, Creative Commons, no changes)
Sérapias langue

Sérapias langue

Serapias lingua

Origine du nom

Le terme de Serapias
vient du grec sarapias,
qui deviendra plus tard serapias,
et serait à rapprocher du terme
de serapis qui désigne
un « vêtement persan à bandes pourpres ».
Une deuxième théorie soutiendrait que le nom vient du dieu égyptien Serapis, dieu créé par le pharaon Ptolémée Ier au IIIe siècle av J-C.
Lingua est un mot latin qui veut dire langue se rapportant à la forme d’une partie de la fleur.

Classification

Le sérapias langue fait partie du genre des Serapias qui fait lui-même partie de la famille des orchidées (Orchidaceae).
Les sérapias désignent les Orchidées de couleur plus ou moins pourpres ou rouges.

Sérapias langue
Le sérapias langue (Photographie © Anne SORBES, Creative Commons, no changes)

 

Sérapias langue - légendé

Comment le reconnaitre ?

C’est une plante vivace, à tubercules ovales, et de taille modeste (10 à 40 cm de hauteur au plus)
Elle possède 4 à 8 feuilles étroites et pointues de couleur gris-vert, en forme de lance et en gouttière, faisant de 5 à 13 cm de long.

Les fleurs sont en épi aéré, la plante possédant de 2 à 9 fleurs au plus.
Chaque fleur à un capuchon formé par des sépales violets, pourpres ou violet rosâtres (comme ses pétales) striés au revers, avec une longue bractée rougeâtre se trouvant derrière lui.

Sous ce capuchon se trouve la base du labelle (3e pétale inférieur des orchidées, de couleur et de forme particulière) qui mesure 14 à 32 mm de long. Il est formé de deux lobes latéraux de couleur pourpre et d’un lobe central, horizontal et étroit, appelé la « langue » qui peut être rose, rouge ou jaunâtre. Cet ensemble de 3 lobes forme à l’intérieur du capuchon une gorge cylindrique où l’on trouve, tout au fond, une protubérance noire et luisante.

Reproduction : floraison, pollinisation, dissémination

Sa floraison se déroule d’avril à juillet.
Sa pollinisation se fait grâce à des insectes.
Et la dissémination de ses graines se fait au gré du vent.

Point crucial pour la plante : Comme toutes les orchidées, les minuscules graines contenues dans la capsule qui forme le fruit, donneront d’autres plantes mais devront être associées à un champignon pour pouvoir germer.

La reproduction de l’espèce peut aussi se faire par multiplication végétale, sans pollinisation : la plante créée ses propres clones.

Lieux de vie

On trouve le sérapias langue dans toute la zone méditerranéenne, et en France dans toute la moitié Sud.
Il apprécie les prairies et prés humides, les prés salés, les broussailles, les olivaies, les maquis,

les garrigues, mais a une préférence pour les côtes sableuses. On le trouve parfois dans les zones mi-ombragées.

Propriété médicinale et/ou utilisation

Les tubercules de plusieurs espèces d’orchidées, dont certaines parmi le genre Serapias, sont utilisées depuis fort longtemps pour produire une poudre appelée « salep » qui, en Turquie, était utilisée comme aphrodisiaque, tonifiant et fortifiant.
Cette poudre est aujourd’hui encore employée dans le traitement de la diarrhée infantile pour ses propriétés sédatives (endort) et nutritives (nourrit).

Statut de protection

L’espèce a le statut « Quasi Menacé » (NT) en France métropolitaine selon la classification de l’UICN, le Serapias lingua et est considérée comme au seuil des espèces menacées de disparition.
Liste rouge des espèces menacées en France, Orchidées de France métropolitaine.

Le saviez-vous ?

Dans la famille des orchidées, les orchidées à « langue » ne récompensent pas les insectes qui les pollinisent avec du nectar, comme c’est en général le cas avec les fleurs.
En effet, le tube formé par la fleur (la gorge cylindrique) sert surtout d’abri nocturne pour des insectes de petite taille.

Sérapias langue
Le sérapias langue (Photographie © Anne SORBES, Creative Commons, no changes)
tulipe méridionale

Tulipe méridionale

Tulipa sylvestris
subs australis

Origine du nom

« Tulipe » viendrait du turc
tülbend signifiant « turban »
à cause de la forme de la plante
rappelant ce couvre-chef.
Le terme sylvestris vient lui du latin silvestris qui veut dire sauvage.
Et australis est aussi un mot latin qui signifie méridionale, du midi.

Nom vernaculaires

Tulipe méridionale, tulipe du Midi ou tulipe
des Alpes.

Classification

La Tulipe méridionale est une sous-espèce de l’espèce Tulipa sylvestris. Cette espèce fait partie du genre Tulipa qui fait lui-même partie

de la famille des Liliaceae.

Tulipe méridionale
La tulipe méridionale

Comment la reconnaitre ?

Cette plante vivace est de type géophyte (elle possède un bulbe lui permettant de passer l’hiver enfouie dans le sol), de taille plutôt modeste (10 à 40 cm au plus) et d’aspect très fin. Son bulbe est petit et dépourvu de poil (glabre).

Ses feuilles sont vert glauque, presque toujours au nombre de 2 (voire 3) ; elles sont de forme étroite et allongée, quelque peu lancéolées, en gouttière (incurvées), et n’atteignent jamais
la fleur adulte.
Les fleurs sont solitaires et un peu penchées quand elles sont en bouton. Elles sont de couleur jaune et possèdent 6 tépales allongés, en forme de lance, mesurant 20-50 mm de long. De plus, les 3 tépales externes sont souvent colorés de rose à rouge-cramoisie sur leur dos.

Les tépales protègent les organes reproducteurs de la tulipe : les étamines et le pistil. Les étamines sont de même nombre que les tépales (6 !) et sont entièrement jaune. Le pistil par contre a une base de couleur vert-clair, mais son extrémité (le stigmate) est jaune.

tulipe méridionale légendée

Floraison, pollinisation, dissémination

La floraison de la tulipe méridionale se déroule de mai à juillet.
Sa pollinisation se fait grâce à des insectes ou par autofécondation (elle se reproduit seule).
Elle donne le plus souvent des fruits de forme arrondie appelés capsules. Et la dissémination de ses graines se fait à proximité immédiate par l’effet de la gravité.

Lieux de vie

On trouve la tulipe méridionale dans toute la zone méditerranéenne européenne.
Elle apprécie principalement les prairies de montagnes, les lieux rocailleux comme les pelouses rocailleuses chaudes, et aussi
les garrigues.

Propriété médicinale et/ou utilisation

Les bulbes de tulipes sont généralement toxiques. Néanmoins il semblerait que les bulbes des tulipes de l’espèce Tulipa sylvestris furent consommé

en Savoie pendant les périodes de disette sans être appréciés pour autant (mais la consommation des bulbes restent le plus souvent dangereuse car ils sont toxiques).

Statut de protection

La Tulipe méridionale ne fait pas encore partie de l’inventaire ni du classement de l’UICN. Elle ne bénéficie actuellement d’aucun
statut de protection.

Le saviez-vous ?

Les fleurs changent de forme selon
le temps : par mauvais temps frais, elles sont étroites et fermées, mais lorsqu’il fait beau et chaud, elles se déploient en étoile à 6 branches (les 6 tépales).

Mares et ruisseaux temporaires

Présentation de la géologie de la Plaine des Maures

Le sol de la Plaine des Maures est constitué de roches d’origine volcanique de l’âge permien (295 à 245 millions d’années).
La très grande originalité de cet espace naturel tient pour beaucoup à la nature de ce sol siliceux, compact, qui, compte tenu de sa faible déclivité moyenne, favorise un écoulement superficiel et régulier des eaux, de l’automne au printemps.

Le faible relief de la plaine et une relative imperméabilité du sol favorisent cet écoulement superficiel des eaux, interrompu lors de la sécheresse estivale. S’organise ensuite un réseau complexe de mares et de petits ruisseaux dits temporaires serpentant à travers la plaine.

Mares et ruisseaux temporaires
Mares et ruisseaux temporaires affluant sur le grès permien

Mares temporaires

Mares, vasques, ruisselets, petits lacs, marais, sont des zones humides soumises à de longues périodes de sécheresse au cours desquelles ces plans d’eau disparaissent alors pendant plusieurs mois, changeant radicalement l’aspect des lieux.
Leur taille varie de quelques centimètres carrés à plusieurs hectares.

À noter : en centre Var les lacs temporaires de plusieurs hectares de Gavoty, Redon
et Bonne Cougne.

Comment fonctionne
une mare temporaire ?

Phase 1 – Submersion : Cette phase est possible grâce au fond peu perméable de la dépression. L’alimentation se fait principalement par les eaux de pluie et de ruissellement, les eaux souterraines y contribuent plus rarement.
Phase 2 – Assèchement : Cette période peut durer de quelques semaines à plusieurs années.

Pour répondre à cette contrainte, la vie aquatique s’est armée de graines, de bulbes, de rhizomes ou encore d’œufs extrêmement résistants. Aux premières gouttes de pluie la vie réapparait, même après de longues sécheresses, l’assèchement étant une phase nécessaire au développement de nombreuses espèces.

La Rainette méridionale
La Rainette méridionale

Des espèces rares

Les assèchements périodiques des mares temporaires empêchent le développement de

oissons, ce qui explique que tout un cortège de micro-organismes, insectes et crustacés aquatiques peuvent y vivre sans gros prédateurs.
Les ruisseaux et mares temporaires abritent bon nombre d’espèces végétales rares, comme l’emblématique isoète de Durieu ou la renoncule de Revelière, une sous-espèce strictement localisée sur la plaine des Maures. Le sympétrum de fonscolombe et le leste sauvage font partie des libellules du patrimoine naturel des mares temporaires des Maures.

Les ruisseaux temporaires et l’excellente qualité des milieux naturels adjacents permettent le développement de 6 espèces de batraciens, comme le crapaud calamite, la rainette méridionnale, le pélodyte ponctué, la grenouille rieuse…
Les mares temporaires sont aussi très riches en crustacées comme la petite crevette d’eau douce linderiella ou le lépidure.

Statut de protection

Une directive de l’Union européenne (Directive habitats) et un traité international (Convention de Ramsar) protègent et conservent les zones humides que sont les mares temporaires en reconnaissant leur fonction écologique ainsi que leur valeur économique, culturelle, scientifique et récréative.

Le Crapaud calamite
Le Crapaud calamite

Pinède de Pin pignon

Que-ce que c’est ?

La pinède de Pin pignon désigne un peuplement forestier de Pin pignon aussi appelé Pin parasol, ou encore Pin pinier, Pin d’Italie, Pin de pierre, Pin franc, Pin bon (en latin Pinus Pinea).

Origine du mot

Le mot Pin vient du latin Pinus (pin). Les ouvrages les plus anciens le qualifient tantôt de Pin de Rome (il bordait les voies romaines, notamment la Via Appia), de Pin bon (à cause de son amande comestible), de Pin de pierre ou de Pin à noyau, par traduction littérale de l’anglais stone pine, le mot stone signifiant à la fois noyau et pierre. Pour les forestiers, c’est le Pin pignon, ses cônes sont des pignes, ses amandes des pignons – ou des « pignoles » dans le Midi.

L'emblématique pin parasol...
L’emblématique pin parasol…

Où la trouve-t-on ?

Malgré une faible diffusion, les pinèdes de Pin pignon sont présentes en Méditerranée occidentale et orientale (du Portugal à la Syrie). Des études anthracologiques en Espagne et polliniques en Provence ont montré une spontanéité des peuplements, attestant de la présence du Pin pignon en Méditerranée occidentale bien avant les Romains. En France, à l’état « sauvage »,

on ne le rencontre qu’en points précis de la côte méditerranéenne et en Corse, mais généralement les peuplements de Pin pignon sont très disséminés.

Petit point sur le Pin pignon

Il mesure de 15 à 30 m de hauteur et a une durée de vie de 100 à 250 ans.
Il est facile à reconnaitre grâce à sa forme caractéristique en parasol avec ses branches radiantes.
Le tronc droit est nu sur les 2/3 inférieurs, et les branches de cette partie ne laissent pas de trace en tombant. Il présente une écorce brun foncé à l’extérieur, rouge-orangé à l’intérieur. Cette écorce, profondément fissurée dès le début, finit par se crevasser et former de grandes plaques qui se détachent.
Ses aiguilles persistantes groupées par deux mesurent de 11 à 20 cm et ont une forme légèrement recourbée. Elles sont plutôt souples, arborent un vert vif et dégagent une odeur d’oignon.

Les fruits du Pin pignon sont des cônes assez ronds mesurant de 8 à 15 cm dont la couleur est d’abord vert puis brun. Ces « pommes de pin » sont faites d’écailles à écusson pyramidaux. Au bout d’un processus de maturité de 3 ans, elles renferment de grosses graines comestibles contenues dans une coque dure, les pignons.

Pomme de pin
Pomme de pin

Le Pin pignon et son milieu

Le Pin pignon préfère les sols sablonneux profonds et plutôt frais (non arides) et affectionne les littoraux ensoleillés. Cette espèce héliophile et thermophile est assez résistante au froid hivernal.

Elle étend loin ses racines en surface et se développe bien sur les cirques sablonneux provenant de la dégradation des granites, des grès permiens (plaine des Maures) et des dolomies ainsi que sur les sols sableux des dunes littorales, formant sur ces sols optimaux les pinèdes de Pin pignon.

Le Pin pignon se ramifie vite de tiges secondaires, puis quand l’arbre atteint 20 à 25 m, le bourgeon terminal cesse de croître, les branches latérales s’étalent et les plus basses se détachent du tronc. Sa large ombre freine la croissance de la végétation arbustive et limite ainsi le développement des broussailles en sous-bois (utiles dans la lutte contre les incendies) constitué le plus souvent d’espèces annuelles. Dans la plaine de grès des Maures, les pinèdes de Pin pignon ont un sous-bois pauvre où poussent cistes et bruyères (Bruyère arborescente et Bruyère à balais).

Le Pin pignon vit parfois en formations mixtes avec les autres pins ou les chênes (souvent le Chêne-liège mais aussi le Chêne vert).

Pin pignon et Chêne
Pin pignon et Chêne

De l’utilité de la pinède de Pin pignon

Dans les milieux difficiles et sablonneux où peu de plantes viennent le concurrencer, le Pin pignon fixe progressivement le sable grâce à son enracinement puissant (excellent stabilisateur des lignes de rivage) et transforme en sol de plus en plus fertile ce qui n’était que lande inculte balayée par le vent, faisant de lui un arbre pionnier.
Ses qualités lui valent aussi d’être planté par les forestiers, loin de ses territoires de prédilection, pour reboiser des terrains difficiles.

Ainsi plantés en jeunes futaies, les pinèdes sont utilisées comme protection contre les incendies. Dans le Midi, on a considéré qu’il serait nécessaire de planter 2500 jeunes pins pignons par hectare pour protéger le sol et éliminer le plus vite possible la broussaille inflammable, ce qui favoriserait l’extension des pinèdes de Pin pignon.

Cet arbre est fort estimé des sylviculteurs car il est le moins attaqué par les insectes que les autres pins (sans doute grâce à la faible densité de ses plantations éparses). Cependant, parmi les menaces qui pèsent sur lui, on peut citer les chenilles processionnaires du pin, le coléoptère appelé l’hylésine du pin et le puceron Pineus pini.

Économie de la pinède de pins pignons

Le Pin pignon est principalement utilisé comme arbre d’ornement dans les jardins et les villes méridionales. Son bois est aussi utilisé comme bois d’œuvre en menuiserie et en construction.
L’actuelle répartition des pinèdes de Pin pignon serait en grande partie due à sa culture pour ses graines comestible ; Le pignon est d’ailleur

encore un ingrédient de cuisine et de pâtisserie toujours très utilisé dans le bassin méditerranéen et qui permet aussi de fournir de l’huile. Précisons enfin que le pignon est l’ingrédient principal de gros macarons en forme de croissant appelés « biscuits tête-de-Maure ».

Le saviez-vous ?

Les Grecs et surtout les Romains faisaient une large place au Pin pignon dans leur pharmacopée. L’écorce fraîche des jeunes arbres, broyée au pilon et mélangée à du vin, servait de remède contre les coliques. Le mélange de pignons et de miel était réputé pour ses vertus adoucissantes et était employé dans les affections respiratoires et pour apaiser les douleurs d’estomac. Enfin, les pommes de pin récoltées avant maturité et bouillies dans l’eau fournissaient une décoction utilisée pour soigner une toux accompagnée de crachements de sang.

La suberaie

Qu’est-ce que c’est ?

On désigne par suberaie un peuplement forestier,
une forêt en somme, dominé par le Chêne-liège (en latin Quercus suber).

Origine du mot

Le mot suber, qui signifie liège en latin, s’est transformé dans les langues des pays d’Oc en suve, siouve ou sube, termes qui se retrouvent dans un grand nombre de toponymes (noms de lieux) des régions où cet arbre est présent.

Description du milieu

La suberaie est un peuplement forestier relativement clair où les arbres couvrent environ 60% du terrain. La lumière du soleil peut ainsi parvenir jusqu’aux petites plantes des strates basses.

Chênes lièges démasclés
Les chênes-liège mis à nu nous dévoilent un étrange paysage

Traditionnellement, les forestiers gèrent les suberaies en « futaie jardinée », c’est à dire en faisant cohabiter des arbres de tailles et d’âges variés. Ainsi sous la suberaie peut se développer un sous-bois assez riche : arbustes et petites plantes ligneuses du maquis, nombreuses espèces herbacées, comportant à la fois des espèces aimant l’ombre (sciaphiles) et des espèces aimant la lumière (héliophiles).

La suberaie offre plusieurs types de paysages typiques, mais ne comportant toujours que deux strates : une strate arborée de chênes et une strate herbacée de pelouse. Ce paysage a été quelque peu artificialisé par l’influence de l’action humaine, avec par exemple en France l’action du sylvopastoralisme.

Enfin, la suberaie couvre une grande gamme de milieux et accueille de nombreux écosystèmes différents qui interagissent entre eux, et sont facteurs de biodiversité.

Particularités

L’originalité du chêne-liège est de produire une écorce épaisse appelée liège, périodiquement récoltable, sans que cette culture endommage ou affaiblisse les arbres. C’est un matériau assez unique pour ses propriétés physiques, chimiques et esthétiques, qui occupe une place bien particulière au sein de la forêt méditerranéenne.

L’écorce du chêne-liège, avec les qualités qu’elle possède procure à l’arbre une parfaite isolation. Cette protection lui permet de survivre aux incendies qui influencent fortement le cycle de vie de la suberaie en région méditerranéenne.

Où la trouve-t-on ?

Au niveau mondial, la suberaie est une formation végétale plutôt rare et originale. On la localise essentiellement dans les pays du pourtour méditerranéen occidental (Espagne, Croatie, …).
En France, on la trouve en Aquitaine, dans le sud du Var, les Pyrénées-Orientales et la Corse où les conditions écologiques favorables à son développement sont réunies : des sols dépourvus de calcaire et le climat relativement modéré du littoral (hivers doux, sécheresse estivale tempérée par une certaine humidité atmosphérique).

Situation en Provence

Aujourd’hui, la suberaie occupe 44330 hectares dans le Var (chiffres de 2005), soit près d’1/3 de la surface du département, près d’1/10 de la surface

des Alpes-Maritimes, soit 1729 hectares (chiffres de 2005).

Dans le Var, la suberaie a vu sa surface réduite de 50% au cours des 100 dernières années. A l’origine de ce dépérissement, et ce pour toute la Provence, on trouve l’abandon de l’exploitation du liège depuis la moitié du XXe siècle et le défrichement des suberaies depuis plusieurs siècles. Ces deux facteurs ont provoqué un embroussaillement massif des sols et donc, un terrain favorable aux incendies.

Les menaces

De nombreuses menaces pèsent sur la suberaie en Provence :

  • en premier lieu les incendies dont certains sont, depuis celui de 1962, de très grande ampleur et très destructeurs
  • la carence des régénérations, les incendies empêchant la pousse et/ou le développement de nouveaux chênes-lièges
  • la dynamique végétale naturelle (concurrence des espèces) n’est pas à l’avantage du chêne-liège qui a besoin de l’action de l’homme pour se maintenir en suberaie face à d’autres espèces (Chêne pubescent, au Chêne vert,…)
  • les attaques de parasites (tel le Platypus cylindrus) accélèrent aussi son dépérissement
  • la levée de liège sauvage, pratiquée sans le savoir-faire d’antan, inflige des blessures irrémédiables aux arbres qui sont alors fragilisés

Le saviez-vous ? →

Le liège s’appelle Cortiça en portugais, Corcho en Espagne,…

Le saviez-vous ?

Le liège s’appelle Cortiça en portugais, Corcho en Espagne, Sughero en italien, Suro en catalan et cork en anglais.
Il sert à produire encore principalement des bouchons, mais il est aussi utilisé comme isolant dans les maisons, comme élément décoratif, comme matériau de construction de ruches,… Le liège broyé en vrac, brut, est le seul produit fabriqué dans le Var.

Ruches en liège
Ruches en liège (Photographie © A. Giraud)