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Ailante glanduleux
Ailante glanduleux (Photographie © Maggie, Creative Commons, no changes)

Espèce exotique envahissante : l’Ailante glanduleux ou Faux-vernis du Japon

L’Ailante glanduleux (Ailanthus altissima), un arbre originaire d’Asie du sud-est, est une espèce végétale exotique envahissante majeure en PACA. En 250 ans, il s’est répandu sur tout le territoire métropolitain et est devenu très abondant sur le pourtour méditerranéen.
État des lieux d’un arbre très envahissant.

Qui est-il ?

L’Ailante glanduleux est un arbre originaire des régions allant de la Chine à la Corée et pouvant atteindre 30 mètres de haut (d’où son nom, altissima, qui vient du latin et signifie « très grand »). Il est de la famille des Simaroubacées. Il présente un tronc droit à écorce grise et lisse, et un feuillage caduc. On le trouve essentiellement dans des milieux « perturbés » comme les bords de routes, les anciennes friches, les voies ferrées, les anciennes mines, les terrains vagues ou les champs. Il colonise également des milieux naturels comme les ripisylves et les terrains sablonneux littoraux.
L’introduction de l’espèce en Europe au XVIIIe siècle n’est pas fortuite. En effet, c’est le père jésuite Pierre d’Incarville qui a fait expédier des plants d’Ailante glanduleux de Chine pour le Chelsea Garden de Londres en 1751 et au Jardin Botanique de Padoue vers 1760. Sa culture ornementale s’est par la suite diffusée dans toute l’Europe dès la 2e moitié du XVIIIe siècle, où il s’est rapidement acclimaté. Actuellement, il est présent sur presque tout le territoire de France métropolitaine à l’exception d’un département du nord-ouest, et de deux départements du nord-est.

Résistance, croissance et prolifération incroyables

La prolifération de l’Ailante glanduleux peut aisément s’expliquer.
Chaque arbre produit 300 000 fruits (pour une seule graine) par an qui sont disséminées par le vent (parfois par l’eau) et dont la germination est aisée. S’ajoutent à cela une vitesse de croissance impressionnante d’1,5 m par saison (au maximum) et un système racinaire dense et étendu pouvant produire de nombreux drageons.
En réalité, la force de cette espèce réside dans son faible niveau d’exigence pour croitre : elle pousse sur tous les sols (même avec un pH très acide de 4,1, ou pauvre en phosphore), elle est très résistante au froid (-13°C), à la sécheresse, à la pollution atmosphérique (absorbe sulfure et mercure) et aux poussières industrielles. Sa taille et ses capacités à proliférer font donc qu’elle est en compétition avec les autres espèces arborées autochtones pour la lumière et l’espace. De plus, l’Ailante glanduleux produit des substances toxiques puissantes qui, une fois dans le sol, inhibent le développement des autres espèces. Par ailleurs, son odeur désagréable et son système racinaire puissant qui occasionne de gros dommages en ville participent également à la vision invasive de cette espèce en France.

Un statut « majeure »

Ces informations expliquent la prolifération de l’Ailante glanduleux et sa place « majeure » dans la liste des espèces exotiques envahissante en PACA.
Cette liste, dressée par le Conservatoire Botanique National Méditerranéen de Porquerolles et le Conservatoire Botanique National Alpin en 2014, repose sur une hiérarchisation des espèces faite en fonction 3 critères : le recouvrement de l’espèce dans ses aires de présence, la fréquence de l’espèce sur le territoire (PACA) et le caractère envahissant reconnu de l’espèce dans un territoire proche ou le risque de prolifération. Précisons que la liste évolue constamment en fonction de la progression de certaines espèces et de l’arrivée de nouvelles.
L’Ailante glanduleux, ayant un fort recouvrement dans ses aires de présence et étant très répandu en PACA, est classé « majeure » en terme de risques (de prolifération rapide et de dangerosité potentielle pour la santé animale, végétale ou celle de l’environnement), comme 27 autres espèces en PACA.

Peut-on lutter ?

Dans la lutte contre l’Ailante glanduleux, deux solutions existent. On peut déjà arracher les jeunes plants (avant qu’ils ne développent leur racine pivot), mais obligatoirement avec les racines pour ne pas provoquer de repousse. Par ailleurs, à plus grande échelle, on peut utiliser la technique de l’encerclage qui consiste à entailler et à écorcer le tronc de l’Ailante sur une profondeur de 3 à 5 cm au plus près du sol, pour que la sève ne circule plus et que l’arbre meurt au bout d’1 an ou 2. Cette technique utilisée par l’Office National des Forêts de Corse s’est montrée efficace dans plus de 90% des cas.

Sources : document officiel de l’Agence Méditerranéenne de l’Environnement sur les plantes envahissantes de Méditerranée (juillet 2003), stratégie régionale relative aux espèces végétales exotiques envahissantes en PACA et son plan d’action (Conservatoires botaniques nationaux méditerranéen et alpin, octobre 2014) et site internet des espèces végétales exotiques envahissantes du Conservatoire Botanique National Méditerranéen de Porquerolles