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Basilique Sainte Marie-Madeleine de Saint Maximin la Sainte Baume
Basilique Sainte Marie-Madeleine de Saint Maximin la Sainte Baume (Photographie © Ben Shepard, Creative Commons, no changes)

La basilique Sainte-Marie-Madeleine de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume

Il existe en Provence une tradition orale qui raconte que Marie de Magdala, dite Marie-Madeleine, disciple de Jésus Christ, persécutée comme tous les premiers chrétiens, serait venue se réfugier pendant de longues années d’austère pénitence dans la grotte de la Sainte-Baume. Puis, sentant sa vie la quitter, elle rejoignit le lieu où le disciple Maximin, premier évêque d’Aix, avait élevé un oratoire. C’est à cet endroit même, future ville de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, qu’elle aurait été ensevelie.

En 1279, le comte de Provence Charles II d’Anjou, conscient de cette tradition et désireux d’ancrer le culte de Marie-Madeleine en Provence (comté indépendant de la France), fit procéder à des fouilles sur le site présumé du tombeau. Ces fouilles mirent à jour un sarcophage contenant un corps qui fut attribué à sainte Marie-Madeleine. Ainsi commença  l’histoire de la basilique (voir Définitions) de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume.

 

Une longue construction

Le départ de cette construction fut lancé par une bulle d’avril 1295 du pape Boniface VIII qui octroie à Charles II le droit d’établir sur les lieux une église et un prieuré (voir Définitions) sous la gestion de l’ordre de Saint Dominique. A cet ordre sont donc confiés l’église – devant servir de reliquaire aux saints ossements de Marie-Madeleine et accueillir les fidèles en pèlerinage. Financé par un prélèvement de 2000 livres sur la gabelle de Nice, la construction de la basilique débute en 1296 et aurait été confiée au maître d’œuvre Pierre d’Agincourt. En 1301 une première partie est achevée et bénie par l’archevêque d’Aix. Il faudra attendre 1345 pour que la construction des 5 premières travées précédant la crypte soit terminée.

Puis le chantier est considérablement ralenti pendant la guerre de Cent ans. A cela s’ajoute la perte de Nice par les comtes de Provence en 1388 ; la ville fournissait alors la seule source de revenu constante pour la construction. Néanmoins, en 1404, le maréchal de France Jean de Boucicaut, dévot et mécène, fait remettre à neuf la crypte et édifier la 6e travée de la basilique. En 1481, le comté de Provence revient par succession au roi de France Louis XI, et devient une province française. Ce rattachement permit l’attribution d’une rente annuelle décrétée par le roi pour poursuivre les travaux de construction. Finalement, en 1532, 236 ans après la pose de la première pierre, la majeure partie de l’édifice est terminée. Le portail central et le clocher resteront inachevés faute de financement rendu difficile par les guerres et les épidémies de peste.

 

Architecture et style

L’église, orientée Est-Ouest, impressionne par ses dimensions.
Tout d’abord la nef, composée de 9 travées centrales, mesure 72,6 mètres de long pour 13,2 de large, avec une hauteur sous clef de voûte de 29 mètres. Au bout de cette nef se trouve le chœur formé d’une abside à sept pans et les deux collatéraux (ou bas-côtés), composés de 8 travées, se terminant par une absidiole.
L’ensemble est vouté de croisées d’ogives et les murs présentent trois niveaux d’élévation percés de fenêtres à meneaux (fenêtre divisée par un élément structurel vertical en pierre de taille), qui sont tous des aspects classiques de l’architecture gothique. L’église possède en outre deux chapelles d’honneur : l’une au Nord dédiée à sainte Marie-Madeleine et l’autre au Sud dédiée à saint Dominique. En l’absence de portail principal, les deux portails ouvrant sur les collatéraux furent élevés en 1520 mais sans aucune statue (une unique statuette étant présente dans le tympan).

Le plan de l’église et les éléments essentiels de son architecture sont d’inspiration française, mais nombres d’éléments « secondaires » apportent un aspect typiquement provençal à l’ensemble : l’édifice n’a pas de transept, de déambulatoire, de tribune, de triforium, ni de galerie. Par ailleurs, il présente des moulurations – pour les piliers octogonaux – et des arcs extrêmement sobres, et ne comporte ni statue ni peinture murale. La basilique possède au final une certaine simplicité d’apparence pour une église gothique française, teintée pourtant d’une empreinte provençale dans nombre de ses aspects architecturaux.

Sous l’église se trouve l’élément fondateur de cette basilique : la crypte abritant le sarcophage de Marie-Madeleine. De taille modeste (19m²), elle est composée d’une abside reconstruite au XIXe siècle dans laquelle se trouve une niche abritant le sarcophage servant de nos jours d’autel pour le reliquaire de la sainte. Il semblerait que le sarcophage, remarquablement bien sculpté dans du marbre de Proconnèse provenant des carrières de Constantin, date de la fin du IVe siècle, entre 360 et 375 ap J-C. Précisons que la crypte abrite également les sarcophages de Saint-Maximin, de saint Idoine, de sainte Marcelle et sainte Suzanne.

 

Et sinon…

D’autres éléments (le chœur, le retable de la Passion, l’orgue,…) participent à la majesté du monument, véritable chef-d’œuvre de l’art gothique provençal, que nous vous invitons à découvrir à travers les ouvrages de la bibliographie ci-après ou en visitant la basilique de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume.

 

Plan au sol schématique de la basilique Sainte-Marie-Madeleine de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume (Illustration © Hugues Antoine)
Plan au sol schématique de la basilique Sainte-Marie-Madeleine de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume (Illustration © Hugues Antoine)

Définitions

Basilique : c’est une église privilégiée (un titre honorifique donné par le pape) où de nombreux fidèles viennent spécialement en pèlerinage pour honorer Jésus-Christ ou la Vierge Marie ou les reliques d’un saint particulièrement vénéré.
Prieuré : Un prieuré est un monastère, le plus souvent subordonné à une abbaye plus importante ; il est placé sous l’autorité d’un prieur, lui-même dépendant d’un abbé plus important. Ici le prieuré est le Convent Royal dominicain.

Bibliographie

CARRAZ (Damien), L’architecture médiévale en Occident, PUF, 1999.
LAUZIÈRE (Ephrem), La Basilique de la Madeleine à Saint-Maximin la Sainte-Baume, Fraternité sainte Marie Madeleine, ‎2003.
MONCAULT (Michel), La Basilique Sainte-Marie-Madeleine et le Couvent Royal, Édisud,‎ 2011.

Bibliographie numérique

http://fr.wikipedia.org/wiki/Basilique_Sainte-Marie-Madeleine_de_Saint-Maximin-la-Sainte-Baume
http://www.lesamisdelabasilique.fr
http://www.st-maximin.fr/basilique/
http://www.st-maximin.fr/basilique/docs/document.pdf